vendredi 18 novembre 2011

Ketchup !

Et si on rattrapait un peu notre retard avec quatre bons disques de cette année ?

Alpine Decline - Disappearance (Laitdbac Records)

Alpine Decline vient de Californie, l'état riche et bienheureux, la terre promise de verdure des Raisins de la Colère. Aujourd'hui, Alpine Decline est à Pékin, en Chine, en plein dans la fourmilière, là où les insignes clignotent sans jamais s'arrêter. Et si on y réfléchit, en plein milieu de ce Los Angeles - Pékin, il y a le Royaume-Uni, sa pluie et son shoegaze. Alpine Decline fait la synthèse de ces trois endroits, l'air de rien. Une puissance pop américaine dissimulée façon Deerhunter, les espaces aériens et le son comme un voile translucide de My Bloody Valentine, la démence addictive et le groove de Boris. Un mélange bien étrange théoriquement, mais concrètement très cohérent. Avec ses passages noise assez jouissifs comme de longues intros à des envolées rock. La puissance peut aussi être contenue, et le bruit devient alors une simple tapisserie pour une voix sensible sur des ballades Bradford Cox-ienne. D'ailleurs, Bradford Cox ne s'appelle-t-il pas Atlas Sound ? Après l'Atlas, les Alpes. Normal.
http://laitdbac.bandcamp.com/album/alpine-decline-disappearance



Radical Face - The Family Tree : Roots (Bear Machine)


Dans l'indifférence la plus générale possible, Ben Cooper se relance avec Radical Face, son petit bijou qui fait gagner beaucoup de sous à Nikkon avec ses woh oh oh. Sacré Ben Cooper, il prépare une trilogie, une famille arbre, avec les racines, les branches, puis les feuilles. Sauf qu'il va vite se confronter à un problème. Cooper n'a qu'une mélodie dans sa vie. Il a dû la trouver, se faire charmer par elle, sa puissance est telle qu'il ne peut s'en défaire. Alors il la joue ad libitum. Sur chaque chanson, les mêmes intonations, les mêmes wouhou, les mêmes rythmiques que "Welcome Home, Son". Il y ajoute quelques notes de piano pour broder. Le tronc de son histoire d'arbre, c'est donc cette sensibilité, c'est sa petite musique. Et, avouons qu'elle est tellement jolie qu'on se fait avoir quoiqu'il arrive. Ben Cooper rentre chez lui, l'enfant prodigue retrouver ses confortables chaussons : sa musique aussi accueillante qu'une cabane dans un arbre. Nostalgie inclue.
 



Void - Sessions 1981-83 (Dischord)



C'est un peu la même chose que pour Radical Face, mais dans un registre tout à fait différent. 81-83, les années magiques du punk hardcore, où il fait bon de se prendre Minor Threat et The Teen Idles en pleine face. Et comme Ben Cooper a sa mélodie, le label Dischord a son identité. Un punk hardcore sans concession, rapide, violent, arrogant, fait pour provoquer la révolte dans les cœurs d'adolescents. En soi, c'est pas vraiment différent de tout ce qu'on connait de Ian Mackaye. Ça reste sommaire, straight edge et ça défoule. Mais, qu'importe, du punk hardcore façon Dischord satisfait toujours, même les plus exigeants. Alors quand on vous ressort les sessions du début des années 80 de Void, ce n'est que du bonheur. Dischord résume l'affaire ainsi : "When Void started a song it was as if each member was playing his own parts as fast as humanly possible, but not necessarily together. While to some it may have seemed like complete cacophony, to those in the know it was music on a higher level". Eh, c'est l'intention qui compte.


FaltyDL - Atlantis EP (Ninja Tune)


FaltyDL à la rescousse ! De Planet-Mu à Ninja Tune, FaltyDL a décidé de réveiller le label du Ninja moribond (eh non, même Amon Tobin n'y fait plus rien de bien), à grands coups de hi-hats et quatre notes de synthé. Drew Lustman tape toujours dans ce dubstep qui décline doucement mais sûrement, mais avec une certaine distance et une aisance que les autres n'ont pas. Il va voir du côté de chez son pote Four Tet, et développe une sensualité et une envie qui rappelleront les sommets de Love is a Liability. Bon, il ne résiste pas à quelques petites voix filtrées façon UK Garage dont on se passerait bien. Tout comme ce second titre qui rappellerait presque James Blake par moment (enfin, infiniment moins pire quand même). A part ce premier titre de très bonne qualité, pas mal de choses dispensables dans cet EP quand même agréable. On appréciera tout de même le geste sympa envers Ninja Tune.

2 commentaires:

  1. j'avais complétement loupé le Radical Face et pourtant je tiens une rubrique qui s’appelle "les sorties musique de la semaines", comme quoi certaisn disques arrivent encore à passer à travers...

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  2. Oui, c'est dommage, parce que ce mec est bon. J'en ai entendu parler nulle part en France, hélas. Quelques reviews chez les anglo-saxons, mais c'est tout... Enfin, il vaut quelques écoutes, ce disque !

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