mercredi 4 janvier 2012

The Basement Tapes.


Dans la grande architecture du hip hop, il y a l'art lui-même, la créativité, l'inventivité. Mais il y a aussi les fondations. Le rap, c'est aussi un côté pratique et terre-à-terre, des bases solides pour asseoir le flow. La brique du hip hop, c'est le sample. C'est détourner un standard, une grande chanson, un détail d'un titre pour reconstruire la musique, en faire une ossature solide et nouvelle, sur laquelle le MC viendra déposer ses mots. Le maçon de ces constructions, c'est le DJ, le mec derrière les platines. Le véritable architecte, c'est lui. Il est le beatmaker, celui qui conçoit, qui pense et qui offrira le cadre idéal aux déclamations des autres.

Bien sûr, l'originalité prime toujours. Sinon, il suffirait de balancer un beat à 120, une petite ligne de basse tirée d'un classique du funk, quelques détails de production, et avec un bon MC, vous avez un titre correct. Le rap, au final, c'est qu'un gimmick, c'est les synthés kitsch et jouissifs de Grandmaster Flash, et la simplicité assumée des instrus de DJ Yella pour le NWA. L'originalité, à l'époque, elle était ailleurs. Elle était dans le discours, la haine de chaque mot, les insultes et le style. Le sample, c'était juste un beau tapis pour que d'autres brillent. Le DJ est dans l'ombre. Bien vite, il fait bon de se démarquer, d'aller chercher ses samples ailleurs que sur les vinyles de soul et de funk. Nas va te chercher Beethoven, Immortal Technique la bande originale de Love Story, Orishas qui reprend Compay Segundo et The Roots, l'année dernière, ont ramené Joanna Newsom. Le sample est devenu critère de qualité et d'inventivité. Au point qu'on regrette et critique le recours simplicité. Kanye et Jay-Z qui ressortent leur Otis Redding, c'est fuir la difficulté pour ces deux avant-gardistes.

Mais, reconsidérons le sample, cette bribe de son diluvien qu'on réutilise, ces vinyles dont on use les sillons jusqu'à épuisement. Il faut y voir plus qu'un hommage aux grands anciens. C'est à la fois un moyen de se démarquer des autres, de montrer sa dextérité derrière les platines, mais c'est surtout l'éternelle histoire de la musique. Le sample, c'est la nouvelle forme de la folk song, cette chanson gravée dans l'éternité que les songwriters reprennent. Chaque interprétation est différente. Ces chansons sont éternellement envie parce qu'il y a des chanteurs pour les chanter. Ces chansons sont immortelles, c'est Joan Baez qui dit que "Silver Dagger" est une vieille chanson de Dylan. Alors qu'elle date de 1907. Le sample est maintenant profondément incrusté dans l'histoire de la musique américaine. Et sampler une chanson déjà utilisée par un autre DJ n'a rien du manque d'inventivité, c'est juste puiser dans les ressources de la musique américaine, comme les folk singers le faisaient dans les années 30.

Pas étonnant de voir Raekwon enfin sampler le "Inner City Blues" de Marvin Gaye (la meilleure ligne de basse du monde) sur son dernier EP. Même s'il le fait discrètement, l'espace de deux mesures, le clin d’œil est appuyé, il retourne aux racines américaines du funk et de la soul, aux grands espaces du groove de maître Gaye et des sires du funk. La course au sample s'est arrêté, parce qu'il ne s'agit plus de se démarquer des autres, mais de construire une maison solide, faite des bases indispensables du hip hop : rythme et groove. La rage, la haine et la classe viennent seulement après.

Le sample est au centre du travail d'Exile, sur Give Me My Flowers While I Can Smell Them. Le beatmaker va creuser la culture US au plus profond. Il en ressort Tom Waits, le générique de Mister Rogers' Neighborhood, l'arbre de Noël des Supremes, les Fugees, sans complexe. Les samples sont en plein jour. Les voix restent tout au long des morceaux. Les parties volées ici et là s'intègrent alors parfaitement, et le travail de Blu & Exile devient juste une interprétation de plus d'un standard. Ils perpétuent la tradition de la folk song comme rarement dans le hip hop. Rendre hommage plutôt que s'approprier et cacher. Revendiquer ses influences, sa culture, d'où on vient, sans l'enrober d'une classe fantasmée, des pourtours sexistes et des bagues en platine.

Give Me My Flowers While I Can Smell Them a été enregistré en 2008 et 2009, sans véritable intention d'en faire quelque chose. Juste pour mettre du son sur une amitié entre deux hommes. Il est à peine produit et masterisé, ce sont justes les titres comme ils étaient sur le moment. Give Me My Flowers While I Can Smell Them s'apparente aux Basement Tapes de Dylan. C'est un coup de chapeau à l'Amérique et ses chansons qui n'aurait jamais dû voir le jour. Mais on le prend comme il est, avec sa spontanéité et son envie, sa grâce et sa foi. Dylan avait enregistré dans sa cave avec The Band, pour tuer le temps, des vieilles chansons traditionnelles. Blu & Exile se font plaisir sur les samples les plus faciles du monde. Ils se contentent du plus simple : un sample, un beat, un flow. Et le résultat est simplement ce qu'on a entendu de mieux en rap depuis une paye. Voilà les Basement Tapes du hip hop, une œuvre déjà incontournable, parce qu'elle dépasse simplement le cadre du rap, et l'ancre un peu plus dans la musique américaine.

lundi 2 janvier 2012

Jeff Mangum, itinéraire d'un mythe


C'était comme le plan marketing parfait, orchestré de main de maitre pour créer un mythe. Disparaître sans raison, au sommet d'une gloire précaire, après avoir défini la musique indie, fait pleurer Pitchfork et influencé le monde entier. S'évaporer, retourner à l'état d'inconnu, d'anonyme errant quelque part à Athens, Georgia. Jeff Mangum est de ces disparus, de ces gens qui manquent. Ses raisons ? La célébrité n'est pas facile à vivre, son nouveau statut d'idole est trop dur à assumer. Il est épuisé par les tournées et les concerts. Jeff Mangum euthanasie Neutral Milk Hotel, il laisse ses amis continuer dans leurs coins, avec The Gerbils, The Olivia Tremor Control ou Elf Power. Mais pour lui, c'est fini. La musique, il la fera de loin, dans l'anonymat. On ne cite plus son nom. Il est présent chez Major Organ and the Adding Machine, mais il se fond dans la masse. Il tourne un peu, pour s'amuser, avec ses amis des Music Tapes, pour ne pas perdre la main. Mais il n'existe plus en tant que Jeff Mangum de Neutral Milk Hotel. Il devient un second couteau d'Elephant 6, son label. Jeff est épuisé nerveusement, alors il disparait.

Puis réapparaitre ensuite, à petite dose, tout doucement. Quelques reprises émergent entre les bootlegs. On s'use les oreilles sur son dernier concert à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Chris Knox l'avait invité, il ne pouvait pas refusé. Alors il joue, comme d'habitude, ses chansons. Il explique qu'il était au bout du rouleau, les gens se taisent, hésitent même à applaudir. Jeff lance un froid et désespéré "ce sont des choses qui arrivent, ne vous sentez pas mal pour moi, ça devait arriver, c'est arrivé, tout va bien". Point final. C'était en 2001. Depuis, on pleure et on attend. On continue de vouer un culte à In The Aeroplane Over The Sea, sans vraiment savoir pourquoi, on continue d'y croire, à un retour du messie de l'indie, de l'homme au cheveux gras et aux pulls de Noël.

En 2009, Chris Knox fait une attaque. Il y passe tout près, à la limite d'y rester, ses amis lui font un disque. Et, Jeff Mangum réapparait. Pour la première fois, on découvre en temps réel une nouvelle chanson de Jeff. Même si ce n'est qu'une reprise de Chris Knox, même s'il n'y a rien de surprenant, de nouveau, c'est la renaissance de l'espoir. Huit ans sans un mot, et Jeff Mangum se rappelle aux cœurs de tous, consolidant par la même occasion son statut de quasi-génie. Cette courte chanson fait trembler les mains et vibrer les yeux de bonheur. Jeff est sorti de la lampe dans laquelle il était enfermé, et commence à exaucer les vœux des fans aussi désespérés que lui.

2011, pour des raisons obscures, Jeff Mangum réapparait complètement. Il revient à la lumière. Il revient sur scène, il chante, avec son inusable guitare les mêmes chansons. Il est le parrain du festival All Tomorrow's Parties cette année. Il y invite tous ses amis d'Elephant 6 et c'est comme un retour de quinze ans dans le passé. On trépigne d'impatience pour le coffret de rééditions en vinyle. Parce que dedans, il y a des chansons inédites, des titres jamais entendus. C'est comme de l'or, on se prend à rêver, en fermant les yeux, d'enfin entendre du nouveau. Après avoir passé des années à s'enfiler les bootlegs et les albums, à chercher des versions rares et à s'approprier les mots de Neutral Milk Hotel dix ans après leurs sorties, on va enfin pouvoir entendre du neuf. C'est la première fois qu'on peut découvrir réellement. L'émotion est grande. Cinq chansons vraiment nouvelles seulement. Et des concerts auxquelles on prie pour assister.

Pourtant, les chansons sont toujours exactement les mêmes. Les inédits ? Aucune surprise, ce sont des belles chansons qu'on rêvait d'entendre, avec la même émotion, le même phrasé, les mêmes intonations au bord de la fausse note, le même son criard. En concert, Jeff chante sa vie de la même façon, toujours avec la même hargne, mais entre un bootleg de 1997 et sa prestation à Occupy Wall Street il y a quelques mois, il n'y a aucune différence. A part les gens qui chantent en chœurs. Comme une communauté de croyants, dévoués et heureux, touchés par une grâce qu'eux seuls croient voir.

Rien de neuf, toujours les mêmes setlists, avec une cover de Roky Ericson ou de Daniel Johnston intercalé entre les chansons de Neutral Milk Hotel. La force de Jeff Mangum, dans cette histoire, c'est la nostalgie qui va avec ses chansons. La puissance des chansons, c'est le souvenir et l'impatience qui volaient autour. Ces chansons n'ont jamais été en vie que quelques années. Après, elles n'étaient que des souvenirs d'une époque révolue, elles existaient dans un coma confortable, entourées de la fumée aveuglante du mythe.

C'est parce que ses performances ont été fantasmées, que les chansons sont entrées dans les imaginaires, que les voir reprendre vie, presque dix ans après leur mort clinique, avec la même vitalité, la même envie de se répandre loin de l'usure des tournées, que Jeff Mangum n'a jamais perdu son statut d'idole. Un statut de mythe qui l'empêche de se réinventer, de donner plus que ces cinq chansons d'il y a quinze ans. Il est prisonnier de la nostalgie, alors il rejoue les mêmes concerts, encore et encore. Le piège du souvenir s'est refermé au moment même où il est réapparu. Alors, la seule chose que l'on puisse espérer, c'est qu'il disparaisse à nouveau, et qu'on garde son retour éphémère comme un beau souvenir, un souvenir qu'on a vécu plutôt qu'une image fabriquée par la passion.

mercredi 7 décembre 2011

Décembre.

La playlist de Noël. Avec du Aphex, comme d'hab, les horreurs de Bob Dylan pour chanter ton beau sapin, des chansons belles, des chansons niaises, des trucs bizarres. L'esprit de Noël, en somme.
Bonne écoute !

decembre2011 by Brainfeeders and Mindfuckers on Grooveshark

lundi 5 décembre 2011

בובע-מעשה (Bubbemeyses!) part. 9 : A Gilgul fun a Nign

Rencontre avec Socalled à Lille, le 28 novembre


Il y a une vieille histoire juive, une de ces histoires dont on ne peut tester la véracité, une histoire qui se déforme au fil des années, de bouche en bouche. Un homme donc, arrive à Ellis Island, les yeux rivés sur New York. Comme beaucoup de juifs, il fuit son pays pour le rêve américain. On lui demande son nom de famille, préambule aux nombreuses questions posées par l'immigration. Il répond "My mother was called so". Ma mère était ainsi appelée. "Appelée comment ?" répond l'agent des douanes. "My motter was called so". Et ainsi de suite. Ou plutôt, "My mother was Kolsow". On pourrait aussi raconter l'arrivée de Sean Ferguson-Shayn Fargesn ("J'ai oublié", en yiddish), mais ce n'est pas le propos.

Avec cette histoire de grand-mère, on pourrait penser que Josh Dolgin est devenu Socalled à cause de cette blague. Pas du tout. L'histoire est bien différente. Josh aimait James Brown, la musique classique, le jazz et surtout le funk. Un jour, il a entendu Snoop Dogg et Dr Dre balançer leurs flows sur quelques instrus bien senties. Josh est devenu Heavy J, "un nom un peu nul" avoue-t-il. Le rap comme une évidence. Un compère de studio l'appelle "socalled Heavy J", il laissera tomber la deuxième partie de son nom pour garder le Socalled. "Soi-disant", et le nom est bien choisi.

Troubadour des temps modernes, à la fois MC, accordéoniste, photographe, pianiste et magicien, Josh Dolgin touche à tout. Comme s'il était un soi-disant rappeur, musicien, prestidigitateur ou qu'importe. Et dans l'histoire, il est aussi l'inventeur du hip hop klezmer. Quelque chose d'assez lourd à porter. Pourtant, l'itinéraire coule de source. Socalled découvre la musique juive par des moyens détournés, c'est le rap qui l'a amené au klezmer. Josh cherchait des sons à sampler pour faire du rap. Il est tombé au hasard sur un disque de théâtre yiddish, sur les chansons d'un cantor, et des mélodies hassidiques.

Et, doucement, il a tiré le fil et déroulé l'histoire de la musique juive. "J'ai commencé à collectionner d'autres disques, puis peu à peu, j'ai voulu en savoir plus sur cette musique. J'ai commencé à aller aux festivals et à rencontrer les gens qui en jouent encore aujourd'hui. Cool, cette musique vient d'Europe de l'Est, donc ça m'a ouvert les portes de la musique roumaine, serbe, ukrainienne, russe, bulgare et toutes ces musiques… La musique tzigane aussi, et toutes les influences du klezmer". Et cette culture a disparu. "Je récupérais des vieux vinyles pour trouver ces trésors inconnus de notre passé. On ne les entends ni dans les films, ni à la radio… Personne n'en parle ! Tout le monde connait Duke Ellington, mais qui a déjà entendu parler de Abe Schwartz ? Et de tous ces compositeurs qui ont écrit des chansons incroyables, de la poésie". Alors, à force d'utiliser ces mélodies comme fondation de son groove, Socalled redonne une vie à ces airs oubliés.

Quand on y réfléchit, la musique juive n'est pas si différente du hip hop. D'un ghetto à l'autre, d'Europe de l'Est au Bronx, c'est un peu la même histoire : faire de la musique avec ce qu'on a. "Les gosses n'avaient pas d'instruments, ils ont commencé à faire de la musique avec des platines, qui sont plus faites pour écouter de la musique qu'en jouer. Et parce qu'ils étaient créatifs, ils ont créé tout un art avec ce qu'ils avaient. Du graffiti, de la poésie, de la musique, de la danse… C'est incroyable, tout ça vient de rien. Et c'est souvent de là que viennent les trucs géniaux !".

Côté juif, c'est sensiblement la même chose. "Les juifs étaient intégrés de force dans l'armée . C'est là qu'ils ont eu des clarinettes, des trompettes ou des tambours… Ils devaient jouer dans les groupes de l'armée. Puis ils n'étaient pas vraiment autorisés à travailler, mais ils avaient le droit de jouer de la musique. Pas seulement pour les juifs, mais pour les populations non-juives aussi. Et dans ces conditions de misère et de souffrance, qu'est-ce que tu veux faire ? Tu veux t'amuser ? Tu veux faire la fête ? Alors tu fais une musique funky qui te fait danser pour des journées entières ! Des chansons que les gens peuvent chanter tous ensemble. Des chansons à boire, des chansons plus spirituelles…"

Et pour pousser la comparaison un cran plus loin, il y a les badkhonim. Dans un mariage, pour amuser son monde, un gars balance les rimes qui lui sortent par la tête sur un fond de musique. Il parle de la mariée, du marié, de la vie, des gens, de tout. De l'improvisation, "c'est exactement la même chose que le freestyle en hip hop".

A force de rechercher des samples, de s'intéresser à cette culture, Socalled en est devenu un des ambassadeurs. Il a maintenant une centaine de chansons en yiddish à son répertoire. Elles attendent gentiment dans un carnet d'être enregistrées.

Mais Josh procède en fait à un travail de fond. "La chanson UNLVD, c'est une mélodie hassidique. Tu ne penses pas "oh, c'est une mélodie hassidique !". Tu te dis "oh c'est une chanson bien prenante". Ou même, "You are Never alone" avec ses lai lai lai, c'est une chanson hassidique aussi. C'est plus facile à écouter si ça sonne familier. Avec un beat, ça devient familier sans diluer la puissance de la mélodie". Et tout ça joue sur le subconscient. Et peut-être qu'à force, cette musique oubliée regagnera ses lettres de noblesse.

D'ailleurs, le mouvement semble enclenché. Avec David Krakauer ou John Zorn, la musique juive a pris un tournant. Comme si elle se modernisait ; même au cinéma, on en entend. "Ce qui est cool, avec A Serious Man, c'est la chanson de Sedor Belusky qu'on entend tout le temps. C'est le premier film hollywoodien avec une vraie chanson yiddish dedans !". Pour la petite histoire, c'est Fyvush Finkel, figure emblématique du théâtre yiddish, qu'on voit dans le court-métrage qui précède le film. Et c'est Finkel qui est samplé sur le "Ikh Bin a Border" de Socalled. La boucle est bouclée, le yiddishland est un petit monde dans lequel chacun se débat pour sauver une langue, et surtout une culture. Lorin Sklamberg des Klezmatics rangent les enregistrements à New York, au YIVO Institute of Jewish Research, on stocke des livres que personne ne lira jamais à Amherst, au Yiddish Book Center. Mais la musique résonne encore.

Josh raconte cette histoire, A Gilgul Fun a Nign, la migration d'une mélodie. Cette mélodie, un paysan l'a entendu d'un berger qui sifflotait, il l'amène à la ville, où le Cantor l'entend à un mariage, et quelqu'un l'entends ensuite dans un théâtre et cette petite mélodie siffloté inconsciemment devient une vraie chanson, un standard. "C'est mon histoire" sourit-il. Et elle est bien loin d'être terminée.

vendredi 25 novembre 2011

Funeral Home.

Pour patienter un peu, Jad Fair et Daniel Johnston t'expliquent que tu vas mourir un jour. C'est pas en rythme, c'est faux, c'est moche, mais c'est gigantesque.