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mardi 15 mars 2011

Raging Bull.

"Attention attention, mesdames et messieurs, ce soir, une soirée exceptionnelle ! Un grand moment dans l'histoire, la grande et attendue finale, le summum du summum, le top du top, l'apogée de ce tournoi ! Rappelons rapidement les règles, sur cette scène, messieurs-dames, à cet endroit précis, vont s'affronter deux monuments de notre discipline. Ils utilisent des méthodes différentes mais n'en sont pas moins des références absolus, des dieux vivants de l'extrême japonais. Et ce soir, sous vos grands yeux ébahis, ils vont s'affronter jusqu'à la mort. Ils se retrouvent face à face pour la sixième fois, et la dernière fois. Leur rivalité dure depuis maintenant des années.

A ma droite, ils sont trois, il ne faut sûrement pas se fier à leurs regards un peu trop gentils. Non non non, mesdames et messieurs. Ces trois-là cachent bien leur jeu. Derrière leur look de japonais lambda, il y a une véritable machine de destruction. Leurs guitares vrombissent et les basses résonnent dans les estomacs. Ils sont les premiers à vous remuer les tripes par de longs drones avant d'exploser dans des riffs violents. Leur groove est un leurre, un piège dans lequel les adversaires tombent souvent, en y voyant une baisse de niveau, avant que tout redémarre et fracasse les dents. A ma droite, j'ai nommé... Boris !

Et à ma gauche, le champion en titre, invaincu, jamais inquiété. Activiste sonore, terroriste musical depuis de longues années, il ne se concentre même pas sur les mélodies ou la lisibilité. Il n'est aucunement violent. Il pratique la destruction sur le long terme, avec un travail de sape énorme. Ses bruits numériques semblent d'abord inoffensif, mais ils perforent peu à peu les barrières du tympan, pour aliéner complètement l'adversaire. Il a beau être végétarien, il faut s'en méfier comme de la peste noire, d'un mouvement sur son clavier, il assène les décharges de bruit les plus violentes de la terre. A ma gauche, j'ai nommé... Merzbow !"

Dans un art martial imaginaire, Boris et Merzbow s'affrontent, les premiers se contentent de faire ce qu'ils savent faire, avec le génie et la violente intégrité habituelle, le second semble discret, mais rhabille en réalité totalement les morceaux des premiers, avec ses sons sortis d'ailleurs, aussi merveilleux qu'inutiles. Et dans l'histoire, c'est l'auditeur qui est KO de bonheur.

Boris et Merzbow montrent les poings sur ce Klatter chez Daymare Recordings. Et par la même occasion, ils prouvent que les gants de boxes sont loin d'être raccrochés.

dimanche 31 octobre 2010

Mondo Trasho.

Je sais pas comment Halloween s'est répandu en France comme ça, pourquoi les gamins se baladent dans les rues avec des blouses recouvertes de ketchup, la tête peinturlurée en riant à chaque regard qu'on pose sur eux, fiers comme tout d'attirer l'attention. Mais c'est là, alors on s'y accommode. Pas question de bonbon ou de sort, mais juste d'être marginal l'espace d'une journée.

Et comme je m'accommode et que je ne veux pas être le marginal qui n'est pas marginal pour Halloween, j'écoute depuis ce matin toute ma collection de dégueulasserie musicale. Pas spécialement de la violence (même si j'avoue sans honte m'être fait Dawn of the Black Hearts de Mayhem entre deux Burzum), mais surtout du malsain. C'est bien plus dérangeant que quand ça tabasse. Faut faire vibrer les colonnes vertébrales d'effroi avec une voix d'outre-tombe. Quelque chose comme le sourire de Varg quand il entend qu'il va passer sa vie derrière les barreaux.



Et, forcément, au bout d'un moment, je me suis retrouvé sur Upsidedown Cross. Le chanteur fera partie du plus grand groupe de Sludge de tous les temps ensuite, Adolf Satan. Sur une architecture Doom digne d'Electric Wizard, avec un son sale comme la culotte de la Reine Mère avant son décès, Larry Lifeless gémit toute la haine du monde dans des volutes de guitare d'un mec qui s'appelle J Mascis. Oui oui, le monsieur qui ira former Dinosaur Jr avec Lou Barlow plus tard. Et pour l'anecdote, il y a aussi Seth Putnam dans le coup, le fondateur d'Anal Cunt. Un groupe de rêve, un monument de l'extrême. Et faut les voir, ces gros gars sales qui jouent. Du pur redneck qui loue Satan pour se marrer. Un truc digne de John Waters. De la grossièreté qui dégouline, quarante minutes de glauque irrationnel pour effrayer votre petit cousin pendant la Toussaint, entre deux bouchées de gâteau.

C'était en 1991, Uspidedown Cross sort son premier album, éponyme, chez Taang! et c'est autre chose que le nouveau Paranormal Activities. Ici, on le voit, le mal.

samedi 17 avril 2010

Soirée Disco.

Donner un nom à la musique de Boris me semble difficile. Déjà parce que Boris a sorti une quantité impressionnante de disque, et parce que le groupe japonais s'attarde un peu dans tous les registres, tant que c'est pesant et lourd. Des fois, c'est du drone pur, pendant une heure sans interruption. Parfois, c'est du doom proche de Om, et d'autres fois, c'est d'autres choses. En fait, Boris fait du Boris.
On a pu les entendre sur la BO de The Limits of Control, le très bon dernier film de Jarmusch (ceci est un propos polémique tant ce film fait débat), on a pu les entendre avec Stephen O'Malley et Sunn O))), ou encore avec Merzbow (sur lequel il faudra vraiment s'attarder un jour, histoire de décrasser les oreilles des lecteurs).
Quelques idées d'écoute pour accompagner les cendres du nuage islandais au nom aussi imprononçable que du japonais.


Absolutego (1996)

C'est le premier disque, et pas le plus facile du tout. Voire le plus difficile à comprendre, à aimer. Tout commence par de l'infra-basse, et on monte progressivement dans un drone saturé et envoûtant vers on ne sait quoi. Enfin, c'est plutôt une descente vers les enfers. Il faut attendre vingt-cinq minutes pour entendre quelques hurlements avec des coups de batterie, histoire de dynamiser l'histoire. Ce n'est pas le drone lancinant, lent et hypnotisant de Sunn O))), mais plutôt un drone violent, qui frappe et s'attarde sur les impacts avec une puissance faramineuse. Les vingt-cinq première minutes forment une intro vers l'explosion des vingt minutes au centre et en apogée de l'album. Le disque se termine sur un larsen de vingt autres minutes, "l'holocauste" de "You Made Me Realize" de My Bloody Valentine, à côté, passe assez bien. Un premier disque très complexe, mais un monument de drone. En même temps, c'est chez Southern Lord, fallait s'y attendre.

Flood (2000)

Qui aurait cru, après le déchaînement sonique de Absolutego et des précédents albums, entendre de la part de Boris quelque chose de si beau ? Flood s'approche du post-rock, compose lentement des ballades sombres et mélancoliques, vingt mille lieues sous les mers. Des guitares imitent le cri des baleines. Le trio japonais prend son temps et débranche les pédales de distortion pour inventer une musique aqueuse. Les mélodies s'étalent. Boris créer une attente : quelle nappe, quelle voix va se poser sur cet arpège de guitare qui dure maintenant depuis sept minutes ? Pas si éloigné du disque de Vincent Gallo, en fait, avec des mélodies qui s'emmêlent. Un des meilleurs disques de Boris, peu connu pourtant. Une atmosphère qui revendiquerait facilement un Miyazaki, la beauté et la même, la poésie aussi.

Akuma No Uta (2003)

La pochette est emprunté à Nick Drake. Seule la guitare et l'homme change. On peut supputer : l'album de folk de Boris ? Un truc déprimant comme Nick Drake ? Et bien non, désolé. Akuma No Uta commence par du drone, à l'ancienne, tout en hypnose avant de montrer une face encore inconnue du groupe. "Ibitsu" suit. Un titre stoner à toute vitesse, avec hurlements et distortion, batterie à toute berzingue et chant en japonais. Et le pire, c'est qu'on pourrait croire que c'est une blague... Mais non, "Furi" continue le travail. C'est quasiment punk ! Boris se lâche. Tout est dans le contraste. "Naki Kyoky" reprend tout ce qu'on aime chez Boris : lenteur, progression petit à petit vers des explosions d'une beauté rare. Mais après, on remet ça, entre Black Sabbath et les Melvins. Il faut attendre le dernier titre pour calmer le jeu, ou pas. Tout explose de nouveau. Sans aucun doute un des meilleurs disques de Boris, tout en contraste, dans de nombreux registres et toujours brillant.

Smile (2008)

Dernière sortie du groupe, en 2008. Le nom est emprunté à Brian Wilson. Sauf que c'est pas trop la musique des Beach Boys. Des expériences psychédéliques ici, d'étranges bruits, des coups secs derrière la nuque. Et toujours des chants presque enfantins sur cette musique si malsaine. Pour rendre la chose encore plus glauque, sûrement. Il y a même des pleurs de bébé, un bébé qui chante, avant qu'un riff détonant prenne la place. En même temps, après quinze ans d'activisme sur la scène musicale, plus rien ne nous étonne venant de Boris. Qu'il fasse du punk, du drone, du post-rock ou de la chanson populaire japonaise ou simplement du bruit. De toute façon, ça reste réussi.

Le disque fait en collaboration avec Sunn O))), Altar est un monument du drone. Complètement terrifiant.
Et, pour les oreilles les plus accrochées, Sun Baked Snow Cave, avec Merzbow, une heure de déchaînement après une intro qui fait illusion avec son côté acoustique. Il ressemble assez à Absolutego dans sa progression, il a un côté plus mélodique, mais les bruits numériques de Masami Akita font mal aux méninges.

mercredi 26 août 2009

Eloge de la Lenteur part. 2

C'est vrai ça. J'en ai oublié des disques.
Alors un petit complément...


Sleep c'est un peu un grand classique, comme Neurosis. Du bon Doom qui lorgne pas ailleurs, droit dans ses bottes et qui envoie, avec des passages où le chant est presque Grind. Ce Volume One est leur premier album. T'as déjà entendu de la musique comme ça, mais ça fait quand même plaisir.

Mot de passe : "robixxx"




Sleep a aussi sorti un album culte. Que toute la critique honore. Il s'appelle Sleep's Holy Mountain. Et si la critique le dit, c'est qu'il te le faut.

Mot de passe : "robixxx"






La plus belle pochette du jour. C'est Reverend Bizarre. Ils sont Finlandais. Ce In the Rectory of the Bizarre Reverend est leur premier album. Du Doom assez traditionnel, mais de grande qualité.

Mot de passe : "robixxx".







On dit que Candlemass aurait donné son nom au Doom avec leur premier album Doomicus Metallicus. Là c'est Tales of Creation. Mais en fait, ils ont un son presque Death, et la voix de Johan Lanquist s'apparente aux voix heavy/hard des années 80. Faut aimer... C'est pas si lent, c'est assez épique. Oui, faut aimer.







Le Doom vient de partout, et même d'Angleterre. En plus, Cathedral c'est fondé par l'ancien chanteur de Napalm Death. Autant te dire que ça rigolera pas. Tempo lent de rigueur, longues complaintes et lourdeur du son, tout y est.

Mot de passe : "robixxx".






De partout j'vous dis ! Boris, ils viennent du Japon. Ils sont difficile à classer, mais ils sont très forts. Leur label s'appelle Fangs Anal Satan, critère de qualité donc.
C'est leur album Absolutego, y'a qu'un seul morceau d'une heure et ça part dans tous les sens.

Mot de passe : "robixxx".





Mais qui dit Boris dit Altar, en collaboration avec Sunn O))). Un grand classique, une grosse tuerie drone/doom. A posséder.

Mot de passe : "robixxx".

Boris a aussi bossé avec Merzbow, le dingue du bruit numérique, c'est vachement bien, mais faut en garder. Et notamment pour l'article sur Merzbow.

mardi 25 août 2009

Eloge de la Lenteur part. 1



On peut dire que les origines du Doom sont chez Black Sabbath. Parce que c'est lent, malsain, et quand même plein de haine. Derrière cette lenteur hypnotique se cache quand même une agressivité, qu'elle soit dans les textes, dans le chant, dans le son. Le Doom c'est un peu comme une longue complainte haineuse en fait.
Qu'est-ce qu'il faut écouter si t'as envie d'une immersion dans cette masse dense et aqueuse ?


Il me semble normal de commencer par Neurosis, en fait. Parce que ces Californiens symbolisent le mieux ce qu'est le Doom, quasiment, et aussi parce qu'ils doivent être les plus facile d'accès.
On y trouve la lourdeur et la lenteur, et une voix assez violente et fascinante. Ce A Sun that Never Sets semble être un excellent exemple.






Mais leur collaboration avec Jarboe (la chanteuse de Swans, ce groupe de tarés bruyants) ajoute un côté plus névrotique. A avoir aussi. (Le mot de passe est "robixxx" )









Om s'approche de la perfection Doom. C'est lancinant et hypnotique. Moins saturé que Neurosis, mais aussi prenant, voire plus fort. Ca file des frissons. C'est des incantations maléfiques, comme une messe satanique qui te met en transe. Je ne sais pas trop quel album choisir entre Variations on a Theme et Pilgrimage. Alors voilà les deux.

Mot de passe : "robixxx".





Si tu veux Pilgrimage...

Mot de passe : "sharedmusic.net".

Tu peux admirer aussi la qualité des pochettes de Om. Du grand art.







Là on passe un peu du côté obscur de la force. C'est ce qu'on appelle plus du sludge. C'est bien plus sale et glauque. Electric Wizard c'est plein de hurlements terrifiants et de haine. Un son tellement lourd. Ca vous prend à la gorge, ça vous crache dessus et ça vous lâche plus. Le pire c'est qu'on en redemande.


Mot de passe : "robixxx".




Je m'en voudrais d'oublier Goatsnake et Burning Witch. A savoir que Burning Witch était formé par Greg Anderson et Stephen O'Malley de Sunn O))), mais Anderson est parti formé Goatsnake.
Alors pour pas les oublier, un split des deux groupes. On connait la qualité de Sunn O))), donc on peut pas douter de celle de ces deux groupes.

Mot de passe : "robixxx".



Funeral Orchestra et ce Feeding the Abyss ressemble à une musique de l'agonie. Un long chemin de croix, lent et plein de souffrance. Après tout c'est un orchestre d'enterrement. C'est apocalyptique et ça fait du bien.







Et en cadeau, pour terminer, le seul disque d'Adolf Satan, éponyme. Adolf Satan c'est un supergroupe entre des membres d'Anal Cunt et d'Upside-Down Cross. Autant dire que ça déconne pas. Ca pue la sueur et le sperme. Ca part dans tous les sens, le son est pourri mais c'est ça qu'est bon.
Manquer Adolf Satan c'est comme rater le dernier métro. On le regrette terriblement.





Et en bonus track final, une petite messe Satanique prononcée par Anton LaVey, fondateur de l'Église de Satan, en 1968. De l'orgue et des incantations. Rien de mieux pour s'endormir.







On va quand même remercier Robixxx et son très bon blog où j'ai pris tous les liens : http://stonerobixxx.blogspot.com/