Ils sont nés dans la brume. Ils ont grandit dans la fumée de Londres, dans le "smog", ce mélange de pollution et de brume. Ils ont appris à vivre dans le gris profond et inaltérable de Londres, la ville où les taxis sont noirs. C'est tout un camaïeu de noir et de blanc qui a fait d'eux ce qu'ils sont aujourd'hui, et qui a fait leur musique. Seefeel, c'est la ville, mais pas exactement celle de Burial. Surtout, Seefeel s'échappe de Londres et de sa grisaille. Seefeel, en un album, conte une escapade à la campagne.
D'abord, le rythme de la ville, et la dure répétition des bruits, des sons. Toujours les mêmes, qui frappent quoiqu'il arrive les oreilles. Un rythme inamovible, épileptique, sur lequel se greffe des vagues de violence analogique. Mais Seefeel brouille peu à peu son jeu, et les marches martiales se délitent. On s'éloigne de l'horreur de la ville. Les tags sur les murs laissent place à des murs comme grandes étendues planes et insurmontables. Les rangées d'immeubles s'effacent, des espaces s'ouvrent. A travers les vitres, on voit de mieux en mieux la pluie.
Le brouhaha de la ville s'étouffe alors, et on commence à entendre des voix humaines. Elles sont comme des incantations, elles se répètent. Les échos des voix atténuent la violence de la musique, et le noir et blanc de la ville devient peu à peu coloré. Les sons deviennent peu à peu lisibles. On saisit dans cet amas des mélodies. Seefeel file à tout allure hors du tohu-bohu, sans pour autant perdre en densité. Juste que les paysages décrits changent, alors que la brume demeure. De la grisaille à la lumière, des forêts d'immeubles à des rangées d'arbres, des sons des métros aux voix envoûtantes des sirènes. Pas celle des voitures mais celles, magiques, qui hantent les profondeurs des étangs.
Mais toute escapade a une fin, et l'on se retrouve bien vite plongé dans l'atmosphère lourd et violent d'une ville, à nouveau. Le gris reprend le dessus, les voix s'estompent peu à peu au profit des fracas.
Seize ans après le chef d'oeuvre Succour, Seefeel s'échappe de l'étouffement urbain avec son album éponyme, sorti chez Warp. Une fuite en technicolor.
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vendredi 6 mai 2011
lundi 18 avril 2011
Revolution/Action.
Avant de s'absenter quelques temps ici et là, avant de laisser le blog tourner au ralenti quelques jours, je tiens à relayer et à partager cette initiative impressionnante de nos confrères de chez Chroniques Électroniques. En plus de nous abreuver de sons numériques et de beats insensés tout au long de l'année, de nous offrir une émission de radio comme on oserait même pas la rêver, ils proposent, que dis-je, ils offrent une compilation.
Parce que internet permet des choses fantastiques, comme de monter un label par exemple, un label dédié à la musique électronique, cérébrale. A ce qu'on appelle de l'IDM. Intelligent Dance Music. Donc, voilà, comme ça, treize titres de cette musique. Et pas n'importe qui, en plus. Access to Arasaka, qui rappelons-le, a sorti le meilleur album d'IDM de 2010 (devant Autechre !), Pleq ou encore Tapage. Et plein d'autres que l'on ne connait pas encore. Le tout masterisé par Aes Dana, rien que ça. Pas du boulot d'amateur, des choses sérieuses et bien faites. Respect profond.
Trêve de bavardages, je vous invite tous à aller lire l'article fondateur de cette aventure que j'espère longue, sur Chroniques Electroniques.
http://www.chroniqueselectroniques.net/article-various-artists-when-light-s-drillin-the-haze-71935014.html
Et surtout, je vous recommande d'écouter cette compilation d'excellente qualité. Parce qu'en plus d'être bien, c'est en téléchargement gratuit.
http://www.megaupload.com/?d=HHM2EYXR
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vendredi 11 février 2011
The Man Without A Past.
Une photo suspend le temps. Elle arrête le présent, laisse un baiser sur un négatif à jamais, elle érige un monument, elle fige des héros. La photo, c'est l'instant t, la plénitude, la rage, l'amour en noir et blanc. Pas d'avant, pas d'après. Toute idée de chronologie est laissée au hasard de l'imagination. Il suffit d'interpréter, d'inventer, de se raconter des histoires. L'histoire d'un piano suspendu, par exemple.
La musique de Tim Hecker, c'est ce piano accroché entre le ciel et l'âpreté du sol. Elle lévite entre le bruit vrombissant de la Terre et les sons célestes. Ce piano sur la photo ne tombera jamais. Il restera éternellement suspendu, bien que poussé par une horde de nihilistes déménageurs. Tous les vecteurs des forces s'annulent l'espace d'un instant, juste le temps d'immortaliser l'inutile. Et ainsi de créer le doute. Pourquoi jeter ainsi un piano ? Pourquoi de si haut ? Pourquoi et encore pourquoi, jamais une réponse ne pourra illustrer ce qu'il s'est véritablement passé.
Tim Hecker n'essaie même pas d'y répondre, c'est sa musique qui illustre la photo, ou l'inverse. Tout est entre-deux, il y a de graves bourdonnements qui donnent de l'assurance aux accords discrets de ce piano en apesanteur. Il y a cet appel de la terre pour retrouver sa puissance d'attraction, il y a cette volonté inaltérable de s'envoler à jamais. Tim Hecker construit sa musique pour arrêter les horloges, il rouille les mécaniques et fausse le mouvement des aiguilles. Parce que le temps ne passe que si l'on s'en rend compte. Alors en l'arrêtant, on évite de vieillir. Comme sur une photo. Les rides n'atteignent pas la pellicule.
Tim Hecker est comme un photographe. Il construit ses photos, il y pose des bases fortes et dépourvues de toute beauté. Il dessine une mer comme un parking et des terrains de tennis. Quelques arbres pour faire illusion que la nature y a encore ses droits. Un grand immeuble aux quelques fenêtres, rien que du commun. Les remous de cette mer bercent et hypnotisent dans un confort trompeur. Le confort de la routine. Au premier plan, l'homme et sa fougue incompréhensible tentent d'éliminer la musique. Du moins la musique classique. Pour une révolution ?
Non, une révélation. La révélation, elle est dans ce piano bloqué entre ciel et terre, entre homme et destruction. Elle est dans la beauté de l'image figée et de la musique mouvante, ambiante mais lumineuse.
Tim Hecker suspend le temps avec Ravedeath, 1972 qui sortira sur le label Kranky le 14 février, le maillon manquant entre la chute et l'impact.
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mardi 8 juin 2010
Caligula
Speedy J, aka Jochem Paap c'est le tout premier producteur de techno Hollandais ayant percé, bien avant que des blonds peroxydés fassent de la musique de club putassière ou du hardcore à qualité variable. Il a fait ses marques à la fin des années 80 auprès de la culture rave en plein essor: bien qu'en live il conserve cette approche, ses albums sont plus proches de l'IDM et de l'ambient avec une qualité assez hallucinante. La production est ultra travaillée et le son possède une profondeur rare, il est en effet une des personnes les plus influentes de la scène techno actuelle mais fait aussi partie des maîtres de l'electronica/IDM à côté d'Aphex ou d'Autechre par exemple.
Ginger (Plus 8/Warp, 1993)
G-Spot (Plus 8/Warp, 1995)
Public Energy No1 (Plus 8/NovaMute, 1997)
Avec les 2 précédents album, il semblerait que Jochem Paap a constamment repoussé la qualité et la profondeur de sa musique, force est de constater qu'avec cet album il a bel et bien atteint le paroxysme. Exit le côté dansant et psyché qui semble presque candide à côté, Public Energy No1 est un album sombre et puissant. Votre cœur battra à 1000 à l'heure à chaque évolution, cette musique est extrêmement prenante et jouissive malgré sa violence, qui reste cependant maîtrisée. L'effort explore les confins de l'inconscient et de la folie, ça suinte l'acide, c'est oppressant mais jamais désagréable. Mais ce qui impressionne, c'est surtout la maîtrise du son et de sa profondeur: il faut impérativement l'écouter sur des enceintes de qualité ou avec un casque digne de ce nom, vous passeriez à côté de quelque chose... Probablement un des meilleurs album d'IDM jamais créé et pis c'est tout.(2e partie ici: http://rapidshare.com/files/39357986/BOEth179SJ-Pev1.part2.rar
source: boards of electronica)
A shocking Hobby (NovaMute, 2000)
A noter aussi la sortie de 2 albums d'ambient "pure" sans aucun beats à la manière du génialissime "Selected Ambient Works II" d'Aphex Twin. Il l'a sorti sous son vrai nom Jochem Paap en 1999 sur le label d'ambient allemand Fax +49-69/450464 (oui oui, c'est le vrai nom du label) avec comme titre "Vrs-Mbnt-Pcs 9598 volume I" et "Vrs-Mbnt-Pcs 9598 volume II".
De l'ambient de qualité, très statique mais non sans intérêt.
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mardi 25 mai 2010
The Deer Hunter.
Liz Harris, aka Grouper réussit à couvrir son folk épuré d'une grande cape noire. Comme un grand nuage de fumée sombre qui peuple une forêt touffue et humide (ouais Lost c'est terminé, c'était trop bien comme épisode final et j'en veux encore bordel !). Une atmosphère oppressante, où la nature a tout ses droits, mais expressionniste aussi. Comme dans le Dr Caligari de Wiene, la forêt est entièrement construite à la main, dessinée. Liz Harris s'enferme en construisant sa propre forêt, pesante et sombre, sans lois. Une soirée avec cette demoiselle ne doit pas être la chose la plus funky sur terre, à l'instar d'une Jesy Fortino. Mais tout est semblable : il y a cette ambiance hypnotique, cette voix qui se cache derrière une guitare. Mais chez Grouper, il y a une frontière franchie, celle du drone. Ce n'est pas à proprement parler du drone pur, c'est-à-dire des nappes de bruits qui se chevauchent et font trembler. C'est un drone léger en fond, ambiant et étrange qui créer l'ambiance. Et la beauté mystérieuse par la même occasion.
C'est sombre et c'est beau. De là à dire que c'est beau parce que c'est sombre... C'est exactement ça.
Grouper, en 2008, sortait Dragging a Dead Deer Up a Hill chez Type Records. Et c'est comme la fin de Lost. C'est triste, c'est beau, c'est mystique et vaporeux. Et on en veut encore. D'ailleurs Liz Harris a sorti un split vraiment bon avec Roy Montgomery (qui est là).
dimanche 23 mai 2010
Air Force One.
On pourrait facilement qualifier la musique "ambiante" de musique d'ascenseur. Quelque chose qui est là, que l'on entend, mais pas assez pour retrouver ce que c'est, pour chanter avec. Juste de la musique pour couvrir les respirations des gens dans la cabine qui monte et qui descend. Comme si les trajets étaient longs et qu'il fallait occuper les personnes avec une sorte de blind test infaisable. Dans le genre attente, l'aéroport c'est pas mal. Arriver des heures en avance pour enregistrer les bagages, attendre sur des chaises en métal qui font mal au dos, boire cafés sur cafés parce que de toute façon il n'y a que ça à faire, faire un tour dans l'aéroport pour voir qu'ils vendent que des magazines people peu intéressants. Et ainsi de suite pendant des heures. (Voire des jours quand il y a un nuage de cendre).En enregistrant Music For Real Airports, Black Dog (qui est un reste de Plaid, en fait, d'où l'appellation Warp de ce message) prend le parti de faire la "musique des vrais aéroports". Deux interprétations possibles : Ken Downie veut rendre à l'ambient ses lettres de noblesse et enlever cette image de "musique d'ambiance un peu chiante mais agréable pour faire quelque chose en même temps" ou Ken Downie est fasciné par les aéroports et veut faire la bande son d'un voyage en avion.
Et il réussit les deux. Son disque est le cheminement vers l'avion. Il y a les appels des hôtesses, le stress qui monte, les sons incessants et artificiels des détecteurs de métaux, le bruit du décollage. Les quelques moments de répits dans cette quête se matérialisent par des nappes cotonneuse et confortable... Avant que l'angoisse remonte. Le rythme cardiaque s'accélère avec la cadence des pas vers l'avion. Il y a forcément quelques turbulences avant l'atterrissage. Ken Downie met des algorithmes sur le commun. Il mécanise et intellectualise un voyage en avion. Music for Real Airports est la bande originale de vos voyages pour cet été. Du terminal de l'aéroport au parking de la ville d'arrivée. Un voyage cérébral qui s'élève et atterrit on ne sait trop où, mais avec plaisir en tout cas.
Il y a toujours des appréhensions par rapport à l'avion. Ça fait diablement mal aux oreilles, par exemple. Ken Downie a trouvé la parade. Il meuble le temps d'attente et l'angoisse qui monte par rapport à ce mal futur, il l'agrémente d'une musique vraie et forte, une musique qui sonde l'âme comme un détecteur de métaux.
The Black Dog sort son Music for Real Airports chez Soma en cette année 2010. Et c'est autre chose que les voyages en train que Grand Corps Malade.
dimanche 2 mai 2010
Attractive oddity.
Slag Boom Van Loon - Slag Boom Van Loon (1998 - Planet Mu)
Slag Boom Van
Loon c'est un side project de µ-ziq (aka Mike Paradinas) et Speedy-J (Jochem Paap) , un producteur Hollandais de techno que l'on retrouve aujourd'hui avec des sets plutôt hardcore qui remplissent "des stades", mais l'ami a fait ses marques chez Warp notamment avec de la techno/trance old school et de l'IDM/ambient de qualité, son 1er album "Ginger" a d'ailleurs figuré dans la série "Artificial Intelligence" du label.
SBVL n'a duré qu'un album + un album de remixes, mais la combinaison entre le glitch/IDM de Speedy J (son album "Public Energy No1" en est un formidable exemple, peut être le meilleur album d'IDM jamais conçu) et le côté très entraînant et accrocheur dans l'electronica de µ-ziq amènent une symbiose parfaite. Le genre est d'ailleurs surprenant provenant d'une telle alliance, on s'attendrait à quelque chose de plus rave et violent. C'est en revanche une musique assez profonde et mentale mais qui en ressort au final d'une manière assez légère car elle sonne juste, chaques sonorités nouvelles se superposant au fil des tracks s'imbriquent les unes aux autres de manière assez logique grâce à la finesse de la production.
Slag Boom Van Loon - So Soon (2001 - Planet Mu)
En 2001, Mike Paradinas invite ses potes à remixer l'album de son side project et il y a du beau monde : Boards of Canada, Tipper, Matmos, Four Tet... Les morceaux sont vraiment soignés, c'est pas du remix fait à l'arrache mais de véritables (re)créations en apportant la touche personnelle de chacun des artistes au fil des tracks originales. Mention spéciale au remix très glitchy de "Butch" par Tipper, au "Pedals" de Horse Opera plutôt glitch/IDM qui tend vers l'ambient et le "Sutjeda" de Four Tet qui ne déroge pas à son style reconnaissable entre 1000 avec une batterie acoustique samplée et des touches légères d'electronica. C'est quand même rare des remixs de cette qualité réunis sur un même album.
(source : boardsofelectronica.blogspot.com , allez y faire un tour si vous aimez le genre, ce site regorge de pépites parfois rares)
Slag Boom Van
SBVL n'a duré qu'un album + un album de remixes, mais la combinaison entre le glitch/IDM de Speedy J (son album "Public Energy No1" en est un formidable exemple, peut être le meilleur album d'IDM jamais conçu) et le côté très entraînant et accrocheur dans l'electronica de µ-ziq amènent une symbiose parfaite. Le genre est d'ailleurs surprenant provenant d'une telle alliance, on s'attendrait à quelque chose de plus rave et violent. C'est en revanche une musique assez profonde et mentale mais qui en ressort au final d'une manière assez légère car elle sonne juste, chaques sonorités nouvelles se superposant au fil des tracks s'imbriquent les unes aux autres de manière assez logique grâce à la finesse de la production.
Slag Boom Van Loon - So Soon (2001 - Planet Mu)
(source : boardsofelectronica.blogspot.com , allez y faire un tour si vous aimez le genre, ce site regorge de pépites parfois rares)
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samedi 1 mai 2010
Breakfast at Tiffany's.
Le poids de Sunn O))) sur le drone donne au genre une image étrange. Le drone serait cette musique inaccessible faite de bourdonnements qui ne s'arrêtent jamais. Une musique lente voire sans rythme. Mais, derrière le côté expérimental, il y a une volonté de travailler sur l'ambiance. Sunn O))) a choisi sa manière de faire : provoquer des tremblements. Mais avant, Earth avait opté pour une voix plus mélodique. Dylan Carlson créait lentement des ambiances, emportant les auditeurs dans des mondes que James Cameron n'a pas encore inventé.Emeralds, groupe de Cleveland injustement pas assez connu, ne fait pas à proprement parler du drone. Il n'y a pas cette saturation omniprésente. Mais le travail sur l'ambiance est le même. La musique instrumentale du groupe se noie souvent dans un tourbillon électronique, mais après avoir appris à nager. Tout est en progression. What Happened, en 2009, prenait déjà cette orientation. Le minimalisme prend peu à peu forme et s'étend. D'autres sons s'amassent et une ambiance naît. Une ambiance de félicité.
On pourrait les comparer aux Fuck Buttons, en fait. Ces deux groupes ont réussi à donner au drone, à la musique électronique, à l'ambient une nouvelle forme, plus organique. Les Fuck Buttons utilisent le rythme et des guitares acides pour ouvrir une porte vers le tribal, Emeralds prend le chemin inverse et s'attaque non pas à l'énergie, mais à la beauté. Des mélodies apparaissent peu à peu et ne s'essoufflent jamais. Ce qui faisait de What Happened un album assez déroutant, voire difficile d'accès, mais d'une terrible beauté, et un des meilleurs de 2009 les doigts dans le nez.
En 2010, Emeralds fait semblant de changer la formule. Les morceaux sont beaucoup plus courts et plus nombreux. Les mélodies apparaissent directement, avant de s'immerger dans des vagues numériques. On pourrait presque penser à du post-rock, par la beauté contemplative que ce Does It Look Like I'm Here ? arrive à dégager. Une musique sortie de nulle part qui s'immisce dans les méandres de l'esprit, dont la complexité masque une grâce et une beauté hors norme. C'est là que le titre fait sens. Comme Audrey Hepburn dans le film de Blake Edwards, tout est question de diamants, ou d'émeraudes. Derrière la douce folie d'Holly Golightly (ce nom est d'ailleurs tellement explicite), il y a quelque chose d'inaccessible, une jolie malice qui fait que, finalement, rien de tout ça n'est à prendre au sérieux. La beauté pure se cache derrière des semblants de complexité, qu'il suffit d'apprivoiser.
Does It Look Like I'm Here ? de Emeralds sortira ce mois de mai 2010, chez Editions Mego, et c'est un des plus beaux disques de musique électronique de l'année, qui joue dans la même cour que le Four Tet, mais presque un niveau au-dessus.
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