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mercredi 4 janvier 2012

The Basement Tapes.


Dans la grande architecture du hip hop, il y a l'art lui-même, la créativité, l'inventivité. Mais il y a aussi les fondations. Le rap, c'est aussi un côté pratique et terre-à-terre, des bases solides pour asseoir le flow. La brique du hip hop, c'est le sample. C'est détourner un standard, une grande chanson, un détail d'un titre pour reconstruire la musique, en faire une ossature solide et nouvelle, sur laquelle le MC viendra déposer ses mots. Le maçon de ces constructions, c'est le DJ, le mec derrière les platines. Le véritable architecte, c'est lui. Il est le beatmaker, celui qui conçoit, qui pense et qui offrira le cadre idéal aux déclamations des autres.

Bien sûr, l'originalité prime toujours. Sinon, il suffirait de balancer un beat à 120, une petite ligne de basse tirée d'un classique du funk, quelques détails de production, et avec un bon MC, vous avez un titre correct. Le rap, au final, c'est qu'un gimmick, c'est les synthés kitsch et jouissifs de Grandmaster Flash, et la simplicité assumée des instrus de DJ Yella pour le NWA. L'originalité, à l'époque, elle était ailleurs. Elle était dans le discours, la haine de chaque mot, les insultes et le style. Le sample, c'était juste un beau tapis pour que d'autres brillent. Le DJ est dans l'ombre. Bien vite, il fait bon de se démarquer, d'aller chercher ses samples ailleurs que sur les vinyles de soul et de funk. Nas va te chercher Beethoven, Immortal Technique la bande originale de Love Story, Orishas qui reprend Compay Segundo et The Roots, l'année dernière, ont ramené Joanna Newsom. Le sample est devenu critère de qualité et d'inventivité. Au point qu'on regrette et critique le recours simplicité. Kanye et Jay-Z qui ressortent leur Otis Redding, c'est fuir la difficulté pour ces deux avant-gardistes.

Mais, reconsidérons le sample, cette bribe de son diluvien qu'on réutilise, ces vinyles dont on use les sillons jusqu'à épuisement. Il faut y voir plus qu'un hommage aux grands anciens. C'est à la fois un moyen de se démarquer des autres, de montrer sa dextérité derrière les platines, mais c'est surtout l'éternelle histoire de la musique. Le sample, c'est la nouvelle forme de la folk song, cette chanson gravée dans l'éternité que les songwriters reprennent. Chaque interprétation est différente. Ces chansons sont éternellement envie parce qu'il y a des chanteurs pour les chanter. Ces chansons sont immortelles, c'est Joan Baez qui dit que "Silver Dagger" est une vieille chanson de Dylan. Alors qu'elle date de 1907. Le sample est maintenant profondément incrusté dans l'histoire de la musique américaine. Et sampler une chanson déjà utilisée par un autre DJ n'a rien du manque d'inventivité, c'est juste puiser dans les ressources de la musique américaine, comme les folk singers le faisaient dans les années 30.

Pas étonnant de voir Raekwon enfin sampler le "Inner City Blues" de Marvin Gaye (la meilleure ligne de basse du monde) sur son dernier EP. Même s'il le fait discrètement, l'espace de deux mesures, le clin d’œil est appuyé, il retourne aux racines américaines du funk et de la soul, aux grands espaces du groove de maître Gaye et des sires du funk. La course au sample s'est arrêté, parce qu'il ne s'agit plus de se démarquer des autres, mais de construire une maison solide, faite des bases indispensables du hip hop : rythme et groove. La rage, la haine et la classe viennent seulement après.

Le sample est au centre du travail d'Exile, sur Give Me My Flowers While I Can Smell Them. Le beatmaker va creuser la culture US au plus profond. Il en ressort Tom Waits, le générique de Mister Rogers' Neighborhood, l'arbre de Noël des Supremes, les Fugees, sans complexe. Les samples sont en plein jour. Les voix restent tout au long des morceaux. Les parties volées ici et là s'intègrent alors parfaitement, et le travail de Blu & Exile devient juste une interprétation de plus d'un standard. Ils perpétuent la tradition de la folk song comme rarement dans le hip hop. Rendre hommage plutôt que s'approprier et cacher. Revendiquer ses influences, sa culture, d'où on vient, sans l'enrober d'une classe fantasmée, des pourtours sexistes et des bagues en platine.

Give Me My Flowers While I Can Smell Them a été enregistré en 2008 et 2009, sans véritable intention d'en faire quelque chose. Juste pour mettre du son sur une amitié entre deux hommes. Il est à peine produit et masterisé, ce sont justes les titres comme ils étaient sur le moment. Give Me My Flowers While I Can Smell Them s'apparente aux Basement Tapes de Dylan. C'est un coup de chapeau à l'Amérique et ses chansons qui n'aurait jamais dû voir le jour. Mais on le prend comme il est, avec sa spontanéité et son envie, sa grâce et sa foi. Dylan avait enregistré dans sa cave avec The Band, pour tuer le temps, des vieilles chansons traditionnelles. Blu & Exile se font plaisir sur les samples les plus faciles du monde. Ils se contentent du plus simple : un sample, un beat, un flow. Et le résultat est simplement ce qu'on a entendu de mieux en rap depuis une paye. Voilà les Basement Tapes du hip hop, une œuvre déjà incontournable, parce qu'elle dépasse simplement le cadre du rap, et l'ancre un peu plus dans la musique américaine.

vendredi 7 octobre 2011

The Departed.

Petit plaisir coupable.
Donc, j'étais à Boston il y a quelques mois. Sur les City Hall Plaza Stairs, une bande comme ça. Ils arborent tous des t-shirts Star Gang, et la casquette des Red Sox, accessoires obligatoires. Pour des raisons pas très intéressantes, je me retrouve à papoter avec ces gars là. L'un d'eux me dit "mec, si t'aimes bien le hip hop, si t'aimes bien le bon son, check le gars là, et retiens ce nom : Moufy". Il mime "Moufy", comme "mouth" en pointant sa bouche. J'essaie donc de retenir. Il continue avec un "si vous aimez bien fumer un peu d'herbe, vous vous faites un pétard, et vous écoutez ça, ce serait mortel", et il commence cette petite danse un peu ridicule.
Une fois rentré, j'ai totalement oublié le nom, mais pas la rencontre. Alors je me creuse les méninges pour essayer de retrouver. Il m'aura fallu quelques semaines, à arpenter les recherches aléatoires sur youtube. Et enfin, j'ai trouvé. Au départ, je trouvais ça un peu ridicule, pas très bon, pas très inventif. Mais le côté "j'ai ma casquette des Red Sox vissée sur la tête" quoiqu'il arrive m'a plu.



Mais voilà, à force on s'y fait. Ce "Boston Lights" incarne le hip hop primitif, un peu de groove, une instru totalement artificielle façon foire du trône à Hondschoote, et un discours primaire chantant l'amour de Boston, on l'a au corps, on la défend, "Massachussets til I die". Une idée de gang, des frères jusqu'à la mort convoqué par Boston pour crier haut les couleurs de la ville. C'est assez étonnant l'attachement profond pour Boston. La ville est agréable, certes, mais là-bas, tout le monde a sa casquette au B rouge, les affiches félicitant les Bruins pour la Stanley Cup sont partout, Kevin Garnett te vend des glaces sur des panneaux publicitaires. Boston, ville sportive, et surtout ville de supporters fidèles. Et le sport, c'est le moyen d'exprimer son espèce de patriotisme pour sa ville. C'est bête, mais assez frappant tellement la passion est débordante. Tout est résumé par un radical : "You ain't got no sense of pride we don't want you on our side !".

Moufy a un album, en téléchargement gratos (ici), que vous pouvez d'ailleurs éviter d'écouter tellement c'est moyen. Sauf que "Boston Lights" et sa fougue, son taux de haine parfait, qui débite des âneries sur comment Boston c'est la meilleure ville du monde, je trouve ça sacrément cool. Bon ? Non. Juste cool. Puis "New England what's up ?", hein.

dimanche 3 juillet 2011

Les Amours Imaginaires.

Quand on arrive à Montréal par la route, on perd l'esprit. Les routes s'emmêlent dans des ponts qui se superposent, tournent et retournent, s'entortillent autour d'autres routes. Le nombre des possibilités est infini, on se perd dans les sorties. Ce périphérique sans fin est un labyrinthe dont l'issue est, si tout va bien, la ville. Entrer dans Montréal, c'est surpasser le bordel des routes qui s'entremêlent pour arriver dans un autre espace de désordre, la ville elle-même. On remonte Saint-Laurent et l'on traverse China Town, les magasins de fripes plus glauques qu'un épisode de Twin Peaks, où le parquet se décolle, où des abat-jours pendent devant la façade, où des monts de vêtements poussiéreux se mélangent comme les routes du périphériques.

Malgré la construction carrée et nord-américaine, malgré le quadrillage précis et sérieux que font les rues, Montréal est bordélique. Dans le bon sens du terme. C'est un joyeux bazar en perpétuel mouvant, où les centres commerciaux souterrains répondent aux rues animées en été parce qu'elles sont piétonnes. Et ce bordel citadin est profondément fascinant et charme trop facilement. On se retrouve vite amoureux de Montréal. Pas un coup de foudre, mais une évidence. C'est la ville qu'on rêve, celle du mélange. L'anglais et le français, les hipsters aux doudounes sans manches et les gentils faux chav's ; c'est la pop niaise et le cinéma de Xavier Dolan qui se retrouvent face à la grande ville. Montréal est un mélange qui est beau parce qu'il n'est pas homogène. Tout se confronte et il y demeure un équilibre surprenant.

Socalled vient de Montréal. Sa musique est aussi bordélique que sa ville. Elle mélange tout ce que ce DJ-pianiste-MC-accordéoniste-producteur juif-québecois-canadien éclectique aime. Il avait récupéré des vieux vinyls des années 30 pour claquer son Ghettoblaster, glorieux mélange de chants traditionnels Yiddish et de hip hop. Le voilà dans la continuité. Musique totalement indescriptible et assumée, avec des airs de Klezmer recouverts par des voix r'n'b ou soul, des déflagrations de mots sur des couplets hip hop, des interludes simples au piano, et du groove en dose conséquente à chaque fois. Pas de consistance, pas de cohérence, juste du plaisir sans queue ni tête. Si Socalled frise sans hésitation le mauvais goût, il témoigne d'une intention tellement belle qu'on préfère se tortiller comme le périphérique de Montréal, plutôt que de recourir au traditionnel visage fermé pour les voyages en métro.

Se perdre dans la pyjama party de Socalled, avec Sleepover qui sort chez The Freed, revient à se perdre dans Montréal, à s'imprégner de la ville et surtout de son essence : l'attachant désordre. Et c'est un plaisir inestimable.

mardi 8 mars 2011

Siamese Dream.


Gil Scott Heron a plus de 60 ans. Il est né à Chicago. Sa langue claque et les mots s'échappent de sa bouche, d'une voix enfumée. Il a l'éloquence du poids des années. Il a le halo du mythe autour de sa casquette de cuir. Son histoire est digne des plus belles trajectoires américaines. Du pionnier du rap à l'abominable incarcéré, le drogué. Il était comme mort, un peu oublié. Et il est revenu en 2010, comme un jeune premier, poser à nouveau sa verve urbaine sur quelques bric-à-bracs. Sa musique ne tient que par sa voix. Une voix d'outre tombe. Le spoken word dans toute sa splendeur, quand les mots percutent sans artifices. Mais voilà, son I'm New Here de l'an dernier manquait de folie. Il y avait une forte détresse dans sa façon d'énoncer, mais jamais un mot surpassait l'autre, jamais une phrase ne laissait les bras ballants et le regard vide.

Jamie XX a à peine 20 ans. Il est né à Londres. Il n'ose pas chanter ni parler, il préfère se cacher derrière des cheveux et une capuche pour bidouiller au synthétiseur. Il a tous les regards tournés vers lui, des regards imbibés d'espoir. Sa courte histoire est une success story improbable. Un groupe d'ado qui s'impose comme un groupe de l'année. C'était en 2009, quand The XX ravivait les années 80, la new-wave et la froideur des synthétiseurs. Dans cette folle embarquée, Jamie XX en a profité pour remixé à tour de bras. Sans arrêt, il revisitait. L'insolence de la jeunesse dans l'art électronique, une maturité déjà impressionnante.

A eux deux, Gil Scott Heron et Jamie XX ont en moyenne 40 ans. Ils habitent en moyenne en Islande, ou en plein milieu de l'océan atlantique. L'un chante et l'autre remix. Quoi de plus naturel que d'associer ces deux personnes que presque tout oppose. Jamie XX apporte à Gil Scott Heron la folie qui lui manquait, le MC lui, dépose sa voix cramée sur les perles dubstep du jeunot. Et la magie opère. C'est bien plus que du remix, c'est un nouvel album à part entière, un album de hip hop ultra moderne avec un vieux croulant derrière le micro. Mêler expérience et insouciance pour atteindre un juste milieu. Un endroit entre le dansant et le prenant. Entre la folie house d'un "NY is Killing Me" et les incantations soul d'un "The Crutch". Sans oublier les mélodies déjà éternelles d'un "I'll Take Care of You", entre remix gentiment déconstruit et tube des eighties. Imparable comme une promesse, l'un prendra soin de l'autre, quoiqu'il arrive. Les carences d'un Gil Scott Heron sont rattrapées par le petit Jamie, et les erreurs du second s'efface derrière le charisme de la voix du premier.

La candeur et l'audace de Jamie XX redonnent une jeunesse au bon vieux Gil Scott Heron. Plus qu'un album de remix, une reconstruction du passé. We're New Here est sorti en février chez XL Records, comme la naissance de frères siamois. On ne peut plus imaginer l'un sans l'autre.

dimanche 28 novembre 2010

Fiddler on the Roof.

L'image d'un DJ est assez étrange. Il est l'ascète, le perfectionniste, à travailler chaque transition, chaque rythme sur son ordinateur. Ou le mégalo planqué à Ibiza qui enchaîne Black Eyed Peas et Rihanna. Quand le DJ n'est pas exigeant, on l'accuse de compromis, de manque de travail, de blasphème pour la sacro-sainte musique électronique, musique exigeante s'il en est.
Le DJ idéal est un mec avec une capuche, enfermé dans une cave des heures et des heures, à peaufiner, à travailler, à s'isoler du monde réel pour mieux retransmettre l'imaginaire, mieux le saisir et le dessiner.

Mais, là-dedans, il y a un facteur que l'on oublie : s'amuser. La musique électronique n'a pas que l'intellect comme cible, ne l'oublions pas. Tout n'est pas du Access to Arasaka. Au départ, c'est fait pour danser, se trémousser en rythme. Alors la voir comme une œuvre d'ascète, c'est assez problématique. Non pas que ce soit pas bien, au contraire, il en faut aussi, de la musique mentale. Mais voilà, il faut voyager aussi. Alors, ce petit mec là, ce canadien de Montréal, avec une quarantaine de musiciens, à quatorze endroits différents, il sort un disque de musique électronique. Josh Doglin est DJ. Il officie sous le nom de Socalled. Un disque figé ? Tout l'inverse, du mouvement perpétuel, entre les cultures, les genres et les langues. Du Yiddish à l'anglais au français avec un délicieux accent québécois, du Hip Hop au Klezmer en passant par la chanson hassidique, Socalled n'a peur de rien et mélange tout ce qui lui tombe dans l'oreille.
Un DJ extraverti, et audacieux.



En 2007, Socalled sortait Ghettoblaster chez Bleu Electric. Et ça vaut tous les clichés de Rabbi Jacob.

lundi 19 juillet 2010

Les vacances de M. Hulot.

L'été, le soleil, ad libitum. Le blog va passer en mode farniente, pendant le temps de mon absence. C'est-à-dire un mois, où je me pâmerais en Lituanie. Peut-être qu'il y aura quelques articles ici et là, si je découvre un fantastique groupe de war metal lituanien, ou de mon comparse Vianney.
Mais, histoire de faire les choses biens, je fournis une dose de bons disques pour accompagner l'été. Déjà, on peut aller écouter la Daytrotter Session de The War on Drugs, et surtout potasser son nouveau of Montreal, avant de danser toute la nuit sur Mount Kimbie. Ou l'inverse.
La suite, facile. Un disque pour chaque cliché des vacances.


Janelle Monae - The Archandroid (2010)

Quoiqu'on en dise, cette gamine à la coiffure osée, envoie. La comparer aux grands maîtres soul ne servirait pas à grand chose. Parce que derrière les racines soul, r'n'b, funk ou ce que tu veux, il y a la modernité d'une production hip hop genre machine de guerre. Ajoutons à cela des featuring de taille (Big Boi et of Montreal, encore eux) et c'est une dose d'énergie franche et contagieuse. Bradford Cox parle de Bowie et de Stereolab quand il l'évoque sur son blog. Cela avec l'élégance des grandes dames et un flow précieux. A écouter le matin pour se coller une bonne humeur d'enfer. Suffit d'entendre Tightrope.



The Divine Comedy - Bang Goes to the Knighthood (2010)

Retrouver Neil Hannon, c'est comme retrouver les amis du camping qu'on avait laissé l'année précédente. Sauf que lui, c'est pas trop slip de bain et soirée piscine, c'est plutôt élégance british (chapeau melon et pipe). En déduire pop alambiquée, symphonique avec des arrangements toujours aussi brillants sur lequel il pose sa voix qui ferait pâlir un autre irlandais, Bono. C'est délicat voire soyeux, on se délecte de chaque note de son album en attendant son passage, sans oublier qu'il est britannique (Irlande du Nord pour être précis), ce qui induit une ironie toujours bien placée. Neil Hannon est un monument de la pop et vous accompagnera parfaitement pendant l'apéro au camping, ou sur la terrasse de votre yacht.


Grasscut - 1 Inch 1/2 Mile (2010)

Passage tout aussi obligé que l'apéro, la sieste. Et trouver une musique de sieste est un dur labeur. Il faut quelque chose qui permet au cerveau de divaguer sans pour autant trop le laisser en éveil. La musique électronique est une bonne solution. D'autant quand elle est mêlée avec de la pop comme chez Grasscut. Ninja Tune trouve enfin un second souffle. Des samples de toute beauté forment des ambiances particulières et renouvellent complètement un genre qui se ratatinait doucement mais sûrement. "The Tin Man" sera le sommet de votre détente, sans aucun doute. Le moment où on savoure absolument tout ce qui arrive.



Scuba - Triangulation (2010)

Dormir c'est bien beau. Mais les vacances c'est aussi la fête. Une fête, ça se prépare, il faut monter une ambiance, lancer les hostilités avec une bonne dose de dubstep qui secoue, avant de pouvoir supporter de tout, de Stromae à Patrick Sébastien. Scuba fait tourner les serviettes avec des beats secs et des voix typiquement dubstep. Vianney parle de "drogué-dansant", et c'est tout à fait ça. A mettre sur la route de la première boîte de nuit. Et pour rentrer aussi, à l'aube, pour maintenir une ambiance cosy et savourer, encore une fois, une soirée réussie.




Health - Disco 2 (2010)

Entre deux titres de Lady Gaga, au climax de la nuit, il fera bon de se coller un bon Health entre les oreilles. Les synthés sans âge, les boîtes à rythmes et les voix éthérées au service de la danse. On y retrouvera des basses disco abyssales et des fortes accointances avec Crystal Castles. C'est un disque de remix taillé pour les soirées. Et si jamais on trouve ça trop mou, on se réconfortera avec le classiquissime As Heard on Radio Soulwax Part. 2 de 2 Many DJ's. Tout pour une réussir une soirée sans le Stade de France et David Guetta.




Juvenile - Beast Mode (2010)

Un été réussi est synonyme de disque de hip hop facile et bling bling. Juvenile est le parfait client. Personne n'aura oublié son grandiose "Slow Motion". Cette année ça s'appellera "Drop that Azz", le titre est explicite, mais c'est toujours aussi efficace. Un flow rythmé, des instrus basiques mais taillées pour assurer l'ambiance sur le dancefloor. Ce n'est en rien une révolution, c'est du hip hop US à gonzesse et voiture, du vrai rap du Sud, qui va bien avec le soleil et l'huile d'olive.





Kings of Convenience - Declaration of Dependence (2009)

Et au bout d'un moment, il faut bien que tout s'achève. Vient alors le temps des retours et des adieux. Il faut se réconforter dans les bras des deux gars des Kings of Convenience, avec leur folk chaud et empli de la mélancolie encore pleine de soleil d'un retour de vacances. C'est simple, c'est cliché, mais c'est ce qu'il y a de plus approprié pour le voyage final vers le berceau et le retour de la routine. Histoire de clore une parenthèse, en somme.




Et si vous avez un peu de temps, vous pouvez venir jeudi à une super soirée. Il y aura Carton Sonore (folk lo-fi atypique) Nitneroc (mégagroove/rétro-synthés/électro), GNG (bidouillotronica) et This Is The Hello Monster (Piano-pop).
C'est à l'Internationale (5 rue Moret, métro Ménilmontant), c'est gratuit et ce sera bien.

mardi 13 juillet 2010

No Future ?

Gonjasufi - Nouveau Casino, lundi 12 juillet 2010

En essayant d'expliquer à la personne qui m'accompagnait ce qu'était la musique de Gonjasufi, je cherchais mes mots. "En fait, c'est une sorte de hippie qui a vécu dans le désert. Un gars qui fait du rap, mais qui chante aussi, et le tout sur des instrus electronica... Enfin, c'est compliqué à décrire. C'est de la musique bizarre" est l'explication la plus claire que j'ai dû donner. Autant dire qu'il était difficile de savoir à quoi s'attendre.

Après un warm-up de qualité (assez rare pour être précisé), un certain Paul White qui ne sait pas du tout faire de transitions entre ses pistes dansantes, le premier barbu débarque et nous gratifie d'un magnifique "Bande de chanceux, vous allez vivre quelque chose de rare, ce mec là, pas grand monde l'a vu sur scène" en anglais et parsemé de "shit" et "fuckin". C'est un peu le problème de Gonjasufi. On nous vend un génie inventif qui propose une révolution musicale, au front de la découverte, alors que finalement, ce n'est qu'un MC. Adieu la "musique bizarre", Gonjasufi fait du hip hop, simplement, sur les instrus ravageuses de son comparse barbu qui crie au monde le talent soi-disant extraordinaire du maître Sufi. Rien d'autre qu'un MC donc, qui tente parfois de chanter face à un public déjà en transe et acquis à sa cause.
Il n'est donc pas question de révolution, mais d'efficacité hip hop teintée de beats électroniques. Et étonnamment, toute cette efficacité tient sur le DJ. Gonjasufi, lui, assure tranquillement avec la posture de gourou hippie à la Charles Manson (y a qu'à voir les t-shirts avec sa tête dessus, qui font précisément penser au patron de la Family). Derrière, c'est bollywood sous acide. Il danse sans arrêt, lance des basses terrifiantes qui font trembler les murs du Nouveau Casino et vibrer les cerveaux. Toute l'énergie vient de là. C'est ce qui est un peu dérangeant, en fait. Parce que Gonjasufi ne serait qu'un prétexte pour un DJ de s'éclater. Il n'a rien de fantastique ce mec, à part sa dimension charismatique et son histoire. Je n'ai pu enlever de mon esprit l'image des Sex Pistols propulsés non pas parce qu'ils voulaient faire de la musique, mais parce qu'ils avaient la tronche de l'emploi pour "changer le monde".

Gonjasufi en tant que MC, succès assuré, mais dès que le tempo ralentit, qu'il y a des réelles chansons, tout se tasse, voire se ramollit. On a plutôt envie d'aller s'asseoir dans les canapés du fond. Ça sonne comme une fin de soirée... Heureusement que le tempo repartira de plus belle après cette demi-heure mollassonne, de manière à finir en beauté et en sueur.
Finalement, la force de Gonjasufi, c'est son DJ, qui réussit par son énergie débordante et ses danses improbables à offrir au génie revendiqué un cadre de qualité pour qu'il y pose sa voix. Et ça, c'est bizarre.

dimanche 11 juillet 2010

Inner City Blues.

Outkast est aussi pop qu'hip hop. Outkast assure les tubes immortels qui ressurgissent à chaque soirée réussie. Une soirée sans "Hey Ya" ou "Mrs. Jackson" ne peut pas être réussie. A un tel point que Gnars Barkley et son "Crazy" doit son succès à Andre 3000 et Big Boi. Un tel art du tube, qui surpasse les Back Eyed Peas, a imposer Outkast comme le groupe de hip hop dancefloor, loin des groupes plus sombres et engagés à la N.W.A (qui font danser, mais moins). Dans la plus pure lignée du Wu-Tang, en fait, la suite logique encore plus dancefloor. Comment oublier le "Southernplayalisticadillacmuzik" qui définit à lui seul Outkast ? Flow assassin sur instrus dingues dignes de Marvin Gaye.

Alors, dans cette année hip hop assez décevante (un Eminem raté, un The Roots qui ne tient pas sur la distance ou un Wu-Massacre réussi mais qui n'égale pas le Wu-Tang), retrouver Big Boi, moitié d'Outkast, c'est une belle promesse. Voir que Pitchfork lui colle un 9.2 renforce l'excitation avant de lancer le disque. Et je plaide coupable. Le hip hop à la cool m'ennuie, en général. Le vrai hip hop transpire la haine, la colère et veut changer le monde. C'est pas un truc pour danser. Il n'y a qu'Outkast pour me convaincre dans ce domaine, et donc Big Boi. Faut dire, avec un flow comme ça, pas d'erreur. Même les quelques refrains trop r'n'b passent. Ce sont des tubes de l'été en puissance, mais tubes de l'été pour hipsters. Ils plairont à St Trop' autant que dans les cercles élitistes. Et tout ça avec des featuring intéressants (même si il y a Jamie Foxx) comme George Clinton ou Janelle Monae.
C'est tellement réjouissant de retrouver un album de rap efficace, qui ne se perd pas dans le délire Black Eyed Peas, qui se base avant tout sur le rythme d'un flow, avec des instrus hallucinées ou acidulées. Un album qui sait utiliser l'auto-tune, qui sait coller des mélodies quand il en faut, prendre des risques sur les samples. Du vrai hip hop intègre bien qu'à la cool. Dans la plus pure lignée du Wu-Tang, en gros, la haine remplacée par de la bonne humeur.

Pitchfork s'est quand même laissé aller, mais Big Boi et son Sir Lucious Left Foot ; The Son Of Chico Dusty qui vient de sortir chez Def Jam n'est qu'un amas de réjouissances estivales. Ce n'est que son premier album solo, et on veut juste entendre un nouveau Outkast.

lundi 21 juin 2010

Chorals.

Aujourd'hui, intéressons-nous à une question primordiale : qu'est-ce qu'un bon refrain dans le hip hop ? Si la question se pose, c'est qu'il y a des mauvais refrains, et ce depuis la montée en puissance de l'autotune et des voix r'n'b un peu fadasses qui viennent pourrir un flow haineux par des vibratos dignes de pop star. Le refrain en hip hop, déjà, il ne sert pas à grand chose, à part éviter que le MC meurt d'étouffement, emporté par ses rimes. Un moyen de souffler entre deux couplets, mais ce n'est pas une raison pour foutre en l'air une chanson.

Le dernier disque d'Eminem, Recovery est un exemple flagrant de raté. Eminem a toujours le chic pour envoyer du débit, de la colère et du rythme. Mais il faut que des nanas inutiles viennent le couper et rendre toutes ses chansons niaises. A l'époque, il samplait Dido et ça allait mieux. Puis sans refrain c'était pas mal non plus. Laisser les DJs s'exprimer est aussi une bonne idée, suffit d'écouter "That's My People" d'NTM. Le meilleur moyen de caser un refrain, c'est de laisser un autre MC s'y prendre, à la Mobb Deep.
Il faut pas pour autant négliger la puissance possible d'un refrain r'n'b dans une chanson de Hip Hop, et c'est là qu'intervient le disque du jour. Il est peuplé de refrains limites limites. Des fois très dancehall, d'autres fois presque ridicules, mais les gars s'y reprennent toujours bien et s'en sortent. Faut dire avec des flows comme ça, aussi syncopés, on oublierait presque quelques manques de bon goût genre "How I Got Over".

Mais il ne faut pas oublier le travail de l'ombre du hip hop. Les mecs qui mixent derrière, qui samplent et qui construisent des instrus. Et The Roots forment sans doute les dignes successeurs d'Immortal Technique. Il y a de l'audace dans le sample. Felipe Coronel, enfin, son DJ, lui ramène la BO de Love Story, et ça devient un monument de hip hop, sombre et lancinant. De l'audace donc, avec The Roots qui reprend "The Book of Right-On" de Joanna Newsom. Sampler de la harpe, ça en jette. Et, à l'instar d'Immortal Technique justement, The Roots réussit à alterner entre pièces de noirceur et morceaux bling bling. Même s'ils tirent leur épingle du jeu dans le premier registre.

Malgré quelques fautes de goût en terme de refrain, The Roots sait sampler et balancer du débit. L'album s'appelle How I Got Over, vient de sortir chez Def Jam, et ça aidera pour le bac.

samedi 29 mai 2010

Sweet Sixteen.

Le passage par la case hip-hop est obligatoire dans l'éducation sentimentale et musicale d'un individu. Parce que cette musique est ancrée dans son contexte, qu'elle porte un message. Et qu'un adolescent lambda se retrouvera sans arrêt dans ces messages. Prêt à s'opposer sans raison, le but c'est d'avoir raison. Pas autre chose. On adopte alors des causes tellement déconnectées de nos réalités, parce que ces messages sont sincères. Le pouvoir premier du hip hop est d'être convaincant, en plus d'avoir cette légitimité de musique engagée américaine. Écouter du rap quand on a 12 ans, savoir parler de 2pac et de NTM, c'est être au top de la révolte.

Il serait très intéressant de savoir où Mike Skinner a découvert le hip hop. De connaître où il a eu envie de s'y mettre, d'assembler ses boucles minimalistes et de déblatérer avec son accent d'anglais à couper au couteau. Piano, cordes, beats cisaillés pour imposer un rythme, et les textes de Skinner qui se posent dessus. Un flow reconnaissable entre tous, une emprunte profonde de son Angleterre. Sa terre qu'il décrit sans détours. Une jeunesse d'ennui, une jeunesse middle-class, où les gars se rasent le crane et traînent dans les rues. Pas de misérabilisme chez The Streets. Au contraire, il décrit, tranquillement, ce qu'il a vécu et ce qu'il a vu. Des bons souvenirs, des souvenirs simples. Les refrains r'n'b peuvent insupporter, mais ils se mêlent parfaitement à l'ambiance mélancolique des titres.
The Streets ouvre une nouvelle porte dans le hip hop. Fini la haine et l'engagement, bonjour le constat, les réminiscences. Mike Skinner comme le Ken Loach du hip hop. Anglais parfois rieur, toujours sincère.

Le passage par la case hip hop se termine forcément. Souvent, c'est la violence qui prend le pas. On en arrive bêtement à renier ce qu'on a aimé. Un tropisme ridicule, certes, mais habituel. Et les années passent, la révolte s'affaiblit. On redécouvre des vieux disques. Eminem, IAM et les autres. On se dit que finalement, cette musique mérite mieux qu'une place dans l'oubli. On dépoussière les anciennes révoltes qui semblent ridicules. On fait le constat que Mike Skinner. Tout prend sens. C'était pas si mal, finalement.

En 2002, The Streets balance son flow sur Original Pirate Material, sur Locked On. Un album de hip hop plus que majeur, un souvenir plus qu'inoubliable.

mercredi 31 mars 2010

How High.

Ca fait quelques jours que je me dis "bordel il faut que j'écrive un truc sur Chokebore". Et ce sera pas pour aujourd'hui non plus.
Parce qu'au détour d'un site internet, j'ai découvert ce truc. Qui lit "Wu" se dit tout de suite Wu-Tang Clan. Et qui dit Wu-Tang Clan, dit flow massacreur sur instru dantesque... La méthode old school, dans la plus pure tradition du Samouraï. RZA et GZA, les fondateurs du Wu ont d'ailleurs bossé sur l'histoire du Samouraï de Jarmusch, Forest Whitaker dans Ghost Dog.
Le Wu, c'est donc toute une tradition. Un respect des valeurs anciennes, des ancêtres que sont le N.W.A et Public Enemy. Mais une bonne touche de modernité, comme le cinéma de Jarmusch en somme.

Le Wu-Massacre n'est pas un "Butchering the Beatles", du genre disques de reprises dans des registres étonnants. Pour ça, il y a le Wu-Tang Meets the Indie Culture : Enter the Dubstep. Le Wu-Massacre, c'est rien que Method Man, Ghostface Killah et Raekwon. On en avait pas eu assez avec la tuerie de Raekwon en solo, alors il amène ses potes.
Le poids du Wu est toujours là, avec instrus soul, et même refrain directement dans la lignée du Motown ("Our Dreams" ou "Gunshowers"). Mais c'est surtout les flows assassins des trois gars, avec quelques featuring qui donne le rythme.
Je regardais "Made" sur MTV il y a peu (faut tuer le temps), et un blanc-bec voulait faire du hip hop, pour se faire des potes. Ce qui revenait en boucle, c'était "faut qu'on y croie, à ce que tu racontes".
Et là, je peux vous le dire, quand les trois larrons se lancent, on y croit.

Quand on sait que le Wu-Tang est une montagne sacrée en Chine, on peut conclure que le Wu ne disparaîtra jamais. Il a fait la tradition, écrit les codes du Samouraï moderne.

Ca s'appelle Wu-Massacre, l'album est éponyme et ça date de 2010.

jeudi 17 décembre 2009

La fièvre.

Ca vient de sortir. C'est du tout neuf. Presque 10 ans après l'autre live colossal à Bercy.
Et puis j'y étais, à ce concert même, ce samedi, à Bercy. Il a fallut en tout et pour tout une demi seconde pour perdre toute inhibition, et se retrouver emporté par la foule, à sauter partout et à hurler "nique la police". C'est tout simple. Un des plus grands shows que j'ai vu. On y trouve tout, "Seine Saint-Denis Style", "Pose ton Gun", "La fièvre"... et bien sûr "That's My People", morceau de hip hop français ultime. Bon, y'a un peu de creux au milieu avec "Carnival" et tout, mais l'énergie est là, tout ce qu'on aime chez le Suprême Nique Ta Mère, en somme.
Et dire qu'il y avait Madonna au Stade de France le même soir.

mercredi 4 novembre 2009

Gangsta Gangsta. Part. 2/2

La suite, back dans les bacs comme ils disaient.

Suprême NTM - Suprême NTM (1998)

Quand j'ai vu le Suprême Nique Ta Mère en concert à Bercy, jamais j'aurais cru, d'un coup d'un seul, perdre toute inhibition. Dès que DJ James a lancé le beat, tout s'est mis à trembler, tout le monde sautait partout. Et ce disque, c'est la bible du rap français. Tous les tubes sont là. De "That's My People" à "Seine Saint-Denis Style" en passant par "Pose ton Gun". Du lourd de chez lourd, offert par Joey Starr et Kool Shen sur un plateau d'argent, bling bling et tac tac dans la tronche, sans concessions. Un monument ce disque. Alors "c'est clair, j'ai le touché nique ta mère".
Le mot de passe c'est : SDD


IAM - L'école du micro d'argent (1998)

Le penchant marseillais d'NTM. Le deuxième pilier du rap français. Akhenaton et Shurik'n. Bien loin de l'arrogance de la Fonky Family, des textes sombres, dans la plus pure lignée East Coast. "Petit Frère", "Né sous la même étoile" te rappelleront ton enfance, quand t'étais en sixième et que ton grand frère ou un grand frère d'un pote écoutait ça et tu voulais faire tout pareil. Du coup t'as découvert un des meilleurs disques de hip hop en France. Et tu connais encore par cœur le refrain de "L'empire du côté obscur" t'as vu.


Eminem - The Marshall Matters LP (2000)

Aujourd'hui c'est nostalgie. Tu te rappelles forcément de "Stan" avec Dido qui chantait, et de "Slim Shady" qui inondait les ondes. C'était le renouveau. Un blanc avec Dre derrière lui qui révolutionne le hip hop. Avant qu'Eminem il fasse sa dépression, qu'il prenne la grosse tête et qu'il fasse de mauvais disques. De la haine avec "Kim" où il est question de tuer sa femme, des "suck my dick", et un "The Way I Am" juste énorme.




Cypress Hill - Unreleased & Revamped (1996)

C'est pas un vrai album. Mais des chutes, des trucs pas mis sur les albums. Et ça me fait penser au Wu-Tang. Faut dire que Cypress ils ont tourné avec Rage Against the Machine, et que ça groove d'enfer. Et en fait, si j'ai pris ce disque, c'est surtout pour le "Hits From the Bong", une incitation à la drogue, certes, mais un morceau de hip hop ultime.





Necro - Death Rap (2007)

Necro il vient de la scène Death Metal. Autant te dire que c'est pas du rap de mormon qui en découle. La mort, le sexe, l'ultraviolence. Il appelle ça du Death Rap, et c'est super sombre. Il a même fait les premières parties de Sepultura et de Napalm Death. C'est de la bombe bébé, et ça explose facile.






The Streets - Everything is Borrowed (2008)

Du hip hop plus indie, plus mélodique, plus electronica. Avec un accent anglais de voyou, un peu comme Jamie T. Et des jolis chœurs. Du hip hop facile, presque radiophonique, sans haine, sans colère, sans agression. Un truc agréable, un peu différent. Ca met même le sourire. Et après du Death Rap, ça fait du bien.
Il te faudra un mot de passe qu'est : ForumW.org




Outkast - Southernplayalisticadillacmuzik (1994)

Aïe aïe aïe. Le groove ultime. Andre 3000 et Big Boi t'envoient un funk complètement halluciné qui te fera danser toute la nuit. Et le titre éponyme juste parfait. Ca me rappelle Marvin Gaye tellement ça groove. Après y'a Stankonia et son Mrs. Jackson qui défonce. Et bien sûr, le tube de chez tube "Hey Ya", mais c'est bien plus tard. Là c'est les racines. Le début de tout, la genèse. Et ça fait plaisir.



Alors avec tout ça, t'as de quoi te réchauffer cet hiver.

dimanche 1 novembre 2009

Gangsta Gangsta. Part. 1/2


Parce qu'on tape dans tous les domaines ici, qu'on se fixe aucune limite, par ce dimanche pluvieux, on va prendre une belle grosse Cadillac, une casquette et un bandana et groover comme pas possible avec un flow ravageur. Attache ta ceinture.

Grandmaster Flash - The Message (1982)

Les bases de tout. Du funk, avec des mecs qui balancent un flow dessus.
Sans ça, jamais les groupes qui suivent n'auraient exister. Alors on écoute et on respecte Joseph Saddler.
Le mot de passe c'est : (J+E)GMF






Mobb Deep - The Infamous (1995)

On commence par du pur gangsta rap East Coast comme il s'en fait plus. Havoc et Prodigy offrent avec ce The Infamous un hip hop sobre et sombre aux instrus bien senties, plus haineux qu'insolent. Ca va à tout de vitesse avec cet accent si particulier du Queens. Et puis, sur ce disque, t'as la meilleure chanson de hip hop de tous les temps : "Shook Ones part. II". C'est lourd et sale. C'est pas encore bling bling. Une référence.




N.W.A - Straight Outta Compton (1988)

Il faut connaître ses basiques. Et ça c'est la dream team. Du old school. Rien de moins que quatre monuments : Dr. Dre, Eazy E, Ice Cube et MC Ren. Ca groove d'enfer derrière, et les gars envoient de la haine en barre. Le "Nique la Police" de NTM passe pour une chanson de bisounours à côté du "Fuck the Police" des Niggaz With Attitude. Ils te pointent un flingue sur la tempe en dansant, avec un sourire.
"Fuck you Eazy !". Et l'autre qui répond "I wanna fuck you too !". Tout est là. Du béton armé. Peut-être le plus grand disque de rap sorti.


Beastie Boys - Paul's Boutique (1989)

Des blanc-becs. Qui aurait cru qu'ils s'y mettraient eux aussi ? Au départ ils faisaient du punk hardcore en plus. Mais voilà. Du rap plus rock, avec des influences de partout. Presque punk. Ca va super vite, c'est plus joyeux que Mobb Deep. Assez proche de N.W.A en fait. Ca te mettra de bonne humeur. C'est même potache. Ouais, y'a pas que le sordide dans le hip hop.





Public Enemy - Fear of a Black Planet (1990)

Avant que Flavor Flav' cherche l'amour dans une émission de télé, il portait une horloge autour du cou et des lunettes de soleil. Il criait au côté de Chuck D, pour la cause des noirs américains. Tu comprends direct pourquoi ce disque s'appelle ainsi. Et on trouve dessus des tueries comme "Power to the People" et le cultissime "Fight the Power". C'est assez agressif, mais c'est ce qui donne ce petit goût fumé agréable. Ah puis on fait pas de bonnes oeuvres avec des bons sentiments.
Le mot de passe c'est : mcxlvii



Wu-Tang Clan - Enter the Wu-Tang (36 Chambers) (1993)

Une autre Dream Team. RZA, GZA, Method Man et tant d'autres... C'est la même recette que les autres. C'est toujours East Coast. Et c'est toujours bon. Et y'a "C.R.E.A.M", "Shame on a Nigga" ou "Wu-Tang Clan ain't Nuthin' to Fuck With" dessus. Des références.
On retrouve RZA et GZA chez Jarmusch aujourd'hui, par exemple. Method Man a fait "How High". Et ça introduit complètement des groupes comme Cypress Hill, même si ceux-là ils sont blancs.


Six références. J'ai pas mis l'ami Snoop Dogg, ni Lil' Wayne, ni beaucoup d'autres. Mais dans la partie 2, on ira vers des trucs différents. Les débuts d'Eminem (Marshall Matters LP avec Dre aux manettes reste quand même une tuerie), Necro et son Death Rap, Cypress Hill, NTM et IAM, les références françaises, et même The Streets et Outkast.