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mardi 20 septembre 2011

Oedipe Roi.


Quelques siècles avant l'an zéro, Delphes trônait au milieu de la Grèce Antique. Comme chaque cité grecque, Delphes est entourée de mythologie. Elle serait la ville d'Apollon, lieu symbolique et centre névralgique qui abrite la Pythie, cette jeune vierge en équilibre sur un piédestal, juste au-dessus d'une fissure magique d'où émane des vapeurs toxiques. Cette jeune inculte transmet la parole des Dieux. On la consulte souvent, pour tenter d'apprendre sur le futur, pour entendre des conseils et se rassurer. La Pythie est une de ces oracles, de ces fantasmes magiques dotés de dons et du venin de la vérité. Ce n'est pourtant qu'une jeune demoiselle que quelques pontes religieux maltraitent et utilisent, mais elle est nécessaire. Son importance vient du flou de ses discours, de l'impossibilité de la voir, du mystère qui l'entoure. Une petite voix aussi terrifiante que cristalline qui annonce de tristes nouvelles dans des volutes de fumée. La visite à la Pythie est codifiée comme un rite, et quoiqu'elle annonce, les grecs s'y accoutument et font avec, parce qu'elle a des forces magiques. Et tout est là.

Mais si on y regarde de plus près, la Pythie est une belle arnaque. Un peu de poudre aux yeux. On met une jeune idiote derrière un voile, on la drogue un peu avec quelques fumées hallucinogènes et ses messages seront assez flous et fous pour que tout le monde puisse y trouver son compte. L'émotion de se retrouver face à la Pythie vient de la mythologie qu'on lui a construit, de son aura. Même si son message ne tient pas debout, s'il est totalement arbitraire et ridicule, il est plausible et fort. Parce que c'est la Pythie.

Plaid est comme la Pythie, il est au centre du temple Warp, entouré de buée et de fumée noire. Disparu, revenu, Plaid scintille à nouveau après une longue absence de huit années. Sa voix est toujours la même : l'envoûtement. Charmeurs de serpents, Andy Turner et Ed Handley utilise toujours ces voix féminines en écho des tourbillons de sons synthétiques. Ils ont toujours recours aux mêmes artifices et aux mêmes mélodies trop faciles. Plaid la joue toujours dans la catégorie "IDM world music", où le dancefloor mental s'exile en Safari dans des contrées éthérées comme terreuses. Huit ans pour un simple nouvel album de Plaid, sans nouvelle voie à explorer, sans nouveaux décrochages jubilatoires qui font avancer la musique électronique. 

Mais ce serait oublier la part de mythologie. Plaid, c'est une sensibilité différente, une autre façon de ressentir la mélodie et la dissonance, une autre perception de la vérité. Comme chez la Pythie, on se refuge dans Plaid parce que l'on sait que le message sera à la fois totalement abstrait et profondément compréhensible. On sait qu'on ne s'y perdra pas, qu'on y trouvera ce qu'on attend, des voix aériennes, des beats techno, de la basse qui s'envole et des forêts de sons aussi lumineuses que violentes. Disséquer la musique de Plaid revient à remettre en cause les mythologies, revient à tout expliquer par la rationalité. Et face à l'émotion de Scintilli, qui vient autant de la musique elle-même que des retrouvailles avec un de ses fétiches, on ne peut que rejeter tout raisonnement rationnel. La vérité est ailleurs. Même si cette émotion n'est que poudre aux yeux, elle fait trembler les mains comme déjà sur Not For Threes avec des titres comme "Rakimou".

Plaid sort son Scintilli chez Warp, pour redonner foi en l'émotion électronique, pour croire et contempler le magique à nouveau.

lundi 30 mai 2011

Dancer in the Dark.

Alors que le soleil et la pluie se passent le relai dans un mouvement perpétuel, que les journées s'allongent et qu'on s'apprête à hanter les nuits, deux EPs et deux très bons albums qui, dans la sphère musique électronique, s'imposent aisément.



Rone - So So So (InFiné)


Comme chez Autechre ou Burial, le format EP reste un des meilleurs moyens pour frapper fort et sèchement, en musique électronique, sans se perdre dans des dédales de rythmes et s'enfoncer dans un amas illisible et trop austère. Le EP permet de rester concis, d'aller à l'essentiel. Rone est français, et sa minimale mélange les sphères éthérées d'un Nathan Fake et de Border Community, la force des sets décomplexés d'un Speedy J, et une profonde mélancolie singulière. En trois titres seulement, on passe d'une piste de danse fumante à des climats plus apaisés, qui rappelleraient presque les plus beaux instants d'apesanteur de Jon Hopkins. Et l'air de rien, il est assez rare de se retrouver bouche bée face à la beauté d'un titre dancefloor efficace. Derrière les édifices de beats se cache une sensibilité pas dégueulasse, un amour de la mélodie comme un bijou à tailler. Trois titres qui menacent grandement Burial dans la catégorie EP électronique qui fait chialer.



Venetian Snares - Cubist Reggae (Planet Mu)


Aaron Funk n'a absolument peur de rien. Rien ne l'effraie, il n'a aucune limite. Sa créativité folle ne s'asséchera donc jamais. Après avoir dégommé des centaines de millions de synapses dans des milliers de cerveaux d'aventuriers sonores trop abasourdis pour comprendre ce qui leur arrivait, après avoir transformé Bartok et Mahler en chef d'oeuvre de breakcore, Venetian Snares ralentit la cadence et s'attaque au... reggae. Le reggae, espace propice à la syncope. Ce qui arrivera sans aucun doute à l'écoute de ce petit EP malsain comme tout, où les voix d'outre-tombes se mélangent aux rythmes jamaïcains, aux basses profondes, sans oublier l'aridité des beats chez Aaron Funk, condition sine que none a sa musique, qui doit avant tout, rappelons-le, vous cramer les méninges. Venetian Snares annihile le reggae en le ralentissant, il l'explose pour en saisir tous les côtés, chaque angle de cette musique s'appuiera sur le crâne. Du reggae cubiste, et pourquoi pas. Et pour une fois que Funk ne part pas dans un délire potache et ridicule, qu'il reste sérieux et va jusqu'au bout des choses avec finesse et intelligence, saluons-le.




K-S.H.E - Routes Not Roots (Skylax Records)


Il ne faudrait jamais l'oublier, mais la house est une musique sexuelle. Saccadée, sensuelle, forte, alternant accélérations et ralentissements. La house, c'est la sueur tout le long de la nuit, c'est un mouvement continu et organique. Une musique forte, incitatrice et sans sous-entendu, destinée à se faire rapprocher les corps dans des danses improvisées. La house, c'est corporel. Alors la voir petit à petit devenir intelligente, la voir se faire décharner par les machines, perdre toute sa sensualité organique, ça peut être intéressant, mais on s'éloigne du sujet. Heureusement, Terre Thaemlizt est là pour le rappeler à tout le monde : la house originelle n'est pas morte. L'androgyne croque la pomme du péché à pleine dent, et ses longs titres entrecoupés de dialogues et autres intermèdes ne devraient jamais s'arrêter, tant ils suintent le désir. Une house charnelle, sensuelle, comme une perfusion de dopamine directement dans le cerveau. Impossible de s'en lasser. Chef d'oeuvre.



Robag Wruhme - Thora Vukk (Pampa Records)

On aurait peut-être pu coller Robag Wruhme dans la catégorie de ces producteurs house qui oublient la sensualité au profit d'une musique trop cérébrale. Que dalle. Wruhme remplace la sensualité et la sexualité par un retour béat à l'enfance, à l'innocence. Et c'est beau comme la première fois qu'on voit la mer. C'est romantique et niais, dans le bon sens du terme. Comme si Robag Wruhme s'émerveillait devant tout. Comme s'il avait pour contrainte de rendre le contingent sublime. Et, encore une fois cette année, les machines mouillent les yeux. Piano et voix s'emmêlent, rires d'enfants et langages étranges. Robag Wruhme vous donne la bande son rêvée pour vos vidéos en Super 8. Il vous raconte vos souvenirs comme jamais vous n'aurez osé les imaginer. Il colore d'un ton sépia les photos en noir et blanc, sans jamais oublier la constance danse. Mais une danse nostalgique et pleine d'émotion.

lundi 18 avril 2011

Revolution/Action.


Avant de s'absenter quelques temps ici et là, avant de laisser le blog tourner au ralenti quelques jours, je tiens à relayer et à partager cette initiative impressionnante de nos confrères de chez Chroniques Électroniques. En plus de nous abreuver de sons numériques et de beats insensés tout au long de l'année, de nous offrir une émission de radio comme on oserait même pas la rêver, ils proposent, que dis-je, ils offrent une compilation.

Parce que internet permet des choses fantastiques, comme de monter un label par exemple, un label dédié à la musique électronique, cérébrale. A ce qu'on appelle de l'IDM. Intelligent Dance Music. Donc, voilà, comme ça, treize titres de cette musique. Et pas n'importe qui, en plus. Access to Arasaka, qui rappelons-le, a sorti le meilleur album d'IDM de 2010 (devant Autechre !), Pleq ou encore Tapage. Et plein d'autres que l'on ne connait pas encore. Le tout masterisé par Aes Dana, rien que ça. Pas du boulot d'amateur, des choses sérieuses et bien faites. Respect profond.

Trêve de bavardages, je vous invite tous à aller lire l'article fondateur de cette aventure que j'espère longue, sur Chroniques Electroniques.
http://www.chroniqueselectroniques.net/article-various-artists-when-light-s-drillin-the-haze-71935014.html

Et surtout, je vous recommande d'écouter cette compilation d'excellente qualité. Parce qu'en plus d'être bien, c'est en téléchargement gratuit.
http://www.megaupload.com/?d=HHM2EYXR

jeudi 24 février 2011

Les désaxés.

Autechre fait parti de ces vaches sacrées, de ces entités indissociables et profondément ancrées dans les cœurs. Il ne peut y avoir que du brillant dans les yeux quand on évoque sa rencontre avec Autechre. Quand on se souvient la première vis sonore qui pénétra dans son cerveau, quand on se souvient comment les yeux ont vrillé de plaisir sous les coups numériques, comment les muscles se sont tétanisés de bonheur, peu à peu, quand le tout commence à prendre forme dans l'esprit. Autechre, c'est de l'amour électronique, c'est de l'amour abstrait et virtuel.

La musique d'Autechre est avant tout physique. Les éléments rythmiques et autres glitchs forment la trame de ces assemblages complexes mais entêtants. Suivent alors la nuque et les épaules, les bras et le jambes dans le mouvement. Avant même les débuts de Warp, à l'heure où LFO balançait des basses profondes, Autechre sortait des EPs qui ferait rire de plaisir n'importe quel adepte extravagant du groupe. On oserait presque un "est-ce vraiment Autechre" face à l'immédiateté de ces titres, rentre dedans et plein d'une âme techno. On se sentirait presque sur une fête foraine avec un goût d'acides sur le palais.
Et, au fil du temps, la musique s'apaise, se délite peu à peu et les textures plongent. Autechre ne se contente plus de faire danser les jambes, mais s'attaque aux organes vitaux. Votre estomac bat le rythme avec les infrabasses, pendant que votre cerveau se perd dans les sons et les rythmes désaxés.

On pourrait penser que Warp, en ressortant ces EPs, se moque un peu de l'aficionado. Mais ce serait oublier qu'Autechre est un groupe à EP. Le format court leur sied parfaitement. Mieux peut-être. Ces enregistrements ne sont en aucun cas des chutes d'albums ou des essais. Ce sont des oeuvres à part entière, comme le Move of Ten de l'année dernière. Énormément d'EPs, donc, plusieurs par an parfois. Et l'année 95 est un grand cru. Entre un Anti EP qui rappelle les grandes heures de Speedy J et une Peel Session comme un enregistrement pivot entre le Autechre "facile" et le Autechre complètement abstrait et déconstruit.
La suite semble certes plus complexes aux oreilles, d'autant que le groupe va poursuivre ce chemin, s'éloigner du physique pour frapper le mental, délurer les cervelets et surtout, syncoper les perceptions.

Entrer dans Autechre, c'est entrer dans un monde sans limite, où chaque piste est une mine d'or électronique. En onze EPs, on voit le groupe évoluer, pousser la logique jusqu'à l'absurde, jusqu'à l'art pur. L'électronique pour l'électronique, une exigence et une intégrité jusqu'au-boutiste pour retourner les esprits, sans arrêts, mais de manière différente. Autechre entretient son histoire d'amour avec les masochistes sensoriels, ceux qui ont du plaisir à sentir la musique dans leur colonne vertébrale. Elle remonte elle remonte, et frappe, là, derrière la nuque. Un coup sec et efficace, pour une quasi perte de connaissance dans un paradis synthétique.

Warp nous fait un magnifique cadeau en rééditant comme cela onze des EPs d'Autechre, dans un coffret très classieux à l'instar du Warp20. Presque six heures d'une démonstration de force qui n'est pas prête de se terminer.

jeudi 30 décembre 2010

The Terminal.

Dix heures, ça en laisse du temps pour écouter de la musique. Plus qu'il n'en faut, du moins pour mon malheureux iPod. Le retard accumulé par l'aéroport frappe les pauvres passagers. Quelques jours pour certains, quelques heures pour d'autres. Bloqué dans une queue complètement immobile, après avoir passé quelques heures à papoter avec la gentille bonne femme dont l'avion avait disparu, il fallait évacuer ce qui restait d'émotion. Dieu inventa alors l'iPod. Mais Dieu m'ayant filé que 2 gigas sur le mien, je n'avais pas exactement ce que je désirais. (Pour dire vrai, je voulais me laminer la tête à coup de Speedy J). Deux alternatives : l'intégrale de Minor Threat ou Nathan Fake. Mes penchants électroniques ont gagné.

Le seul problème, c'est que ce Hard Islands ne dure que 33 minutes. Sur dix heures, ça fait rien. J'aurai eu le temps de l'écouter vingt fois. Alors il faut visualiser : des centaines de personnes dans les terminaux. Ils attendent d'enregistrer leurs valises, et de décoller. Tant pis pour eux, moi je décolle. Nathan Fake et sa techno teintée d'IDM à un volume important pour couvrir les cris d'indignations des français autour ("on a aucune information !" - peut-être que s'il parlait anglais ils en auraient...), c'est diablement efficace, non pas pour tuer le temps, mais pour oublier lors de 33 minutes qu'on a encore environ deux heures à attendre. Ces deux heures écoulées, il y aura deux heures de plus. Et ainsi de suite. Jusqu'à quatre heure du matin, ou finalement, l'avion décollera. J'ai donc écouté environ 5 fois ce mini LP. A chaque fois que mon vol était repoussé. Comme ça, pour oublier. Et deux décollages, l'un synaptique, l'autre bien réel se sont décalqués l'un sur l'autre. Avant de tomber dans un sommeil profond. Nathan Fake et moi-même partageons plus qu'un prénom maintenant. Il fait partie de mes anecdotes.

En 2009, sur Border Community, Nathan Fake sortait Hard Islands, trop court pour sauver une vie, mais assez efficace pour effacer l'espace d'un instant l'interminable attente. Même si ça me ramènera pas mes bagages.

samedi 16 octobre 2010

A Piece of Cake.

La techno, c'est comme un mille feuilles en construction. Avant toute chose, il faut faire la pâte feuilletée, y passer du temps, la plier et la plier encore, la pétrir avec entrain, pour la replier ensuite. Un travail de longue haleine, une opération où la répétition donne toute la qualité. Une base solide part de cette répétition acharnée d'un même mouvement. La pâte feuilletée, c'est on ne peut plus basique, mais c'est une valeur sûre. Elle assure la texture, le motif de base du dessert. La virtuosité et l'audace ne vient qu'ensuite, quand on s'attaque à la crème pâtissière.
Sur la crème, c'est une question de timing, de quand il faut verser le lait sur la mixture d'oeufs, de sucre et la farine. Tout est là, un dosage parfait est nécessaire, ça va de soi. Tout ça, c'est une affaire de précision. La crème pâtissière, c'est une affaire de mélange, on y rend homogène différents éléments, de la vraie cuisine.

Vient ensuite la plus belle partie, la pâte une fois cuite, qu'on assemble avec la crème. Trois étages, qu'on construit peu à peu, d'abord les mille feuilles de la pâte. On y ajoute avec délicatesse une couche de crème, et ainsi de suite. Jusqu'à avoir un bloc majestueux et délicieux.
Et là, on laisse reposer. On attend un peu, on regarde autour, il s'agit même de créer une attente. Quand dégusterons-nous ? Et là, parce qu'un mille feuilles n'est rien sans sa touche finale, on s'attaque au plus beau : le glaçage. Du sucre glace et du chocolat, c'est tout. Ce qui complète l'œuvre, le point final. C'est le glaçage qui fait tout, il ajoute du croquant, de l'émotion à l'édifice compacte du dessous.

Et bien, un live de Speedy J, c'est exactement pareil. D'abord, une base solide basée sur la répétition de motifs faciles et épiques mais jamais lourds. Ensuite, une crème rythmée et audacieuse teintée d'IDM. Il superpose peu à peu toutes ses couches, avant de laisser reposer. Il ne s'agit pas de gâcher le plaisir, mais de ne pas tout lâcher d'un coup. Ça se savoure, cette histoire. Et ici, son glaçage est à pleurer, une profondeur dans le son, une force lancinante qui s'empare de tous les sens. Sans pour autant perdre l'efficacité, le côté sucré et facile d'accès.

Chez Plus 8 Records, Speedy J fait sa cuisine !ive en 1995, et ça renvoie les amateurs de Masterchef à leurs gammes.

lundi 11 octobre 2010

Eternal Sunshine of the Spotless Mind.

"Bonjour, ce serait pour une lobotomie, le pack complet, oubli à 100%, le trait total sur mon existence, le départ à zéro. Oui. Merci. Je ne vous dis pas à bientôt." Un jour, c'est sûr, la lobotomie, le lavage de cerveau sera proposé dans n'importe quelle boutique de bien-être, entre l'épilation du maillot et la french-manucure. On pourra choisir à quel point on oublie, on pourra décider d'effacer un souvenir bien précis. De quoi attendre la félicité perpétuelle, le sourire béat et l'absence de consistance. L'égalité la plus totale dans l'idiotie heureuse. Nier son vécu, belle idée. Mais ne pas sous-estimer les conséquences. C'est irrévocable, pas de retour arrière, pas de "page précédente" pour recommencer.

Alors, Access to Arasaka propose mieux. La mise en parenthèse. Void(); n'a pas qu'une écriture étrange. Il y a ces deux parenthèses et ce point-virgule. Mettons en suspens, enfermons l'espace d'un instant la vie réelle, et point virgule. On ouvre vers quelque chose de nouveau, mais qui n'a pas forcément rapport. Ou du moins, pas directement. Une remarque, par exemple. Quelque chose de strictement nécessaire mais impossible à exprimer autrement. La plus belle des ponctuations, la rupture de construction. Oui, rien n'est laissé au hasard ici. Même ce qui semble totalement aléatoire, comme les titres. Tout est prévu, même la déconstruction la plus totale. Chaque son a une histoire. Avant de pénétrer le tympan, il naît dans des circuits, s'épanouit et se fracasse ensuite contre d'autres sons. C'est bien pire qu'une course de spermatozoïdes, c'est un grand défilé organisé de sons infimes et profonds qui forment une armée imperturbable et indestructible. Elle est violente parce qu'elle est immuable. Rien ne peut arrêter sa progression, une inertie totale qui remonte le circuit, le cordon du casque et vient se battre avec le cerveau. Chaque synapse essaie d'analyser. Mais rien. Juste un assaut perpétuel sans sens. La mise en parenthèse de tout face à l'abstrait.

Et pourtant, derrière une incompréhension certaine, un doute sur les raisons de tout ça, un questionnement métaphysique (pourquoi s'infliger cela ?), il y a un certain plaisir. Quelque chose d'inexplicable, comme nos premiers émois avec Autechre. Un plaisir irrationnel, le plaisir de mettre en parenthèse le réel, de s'ouvrir à d'autres chemins insondables, toujours plus profonds, plus abstraits, plus fous.
Access to Arasaka réinvente la lobotomie à temps partiel sur Void(); sur l'excellent label Tympanik, et point-virgule.

mercredi 11 août 2010

Zabriskie Point.

Parce qu'il y a pas à chercher de bonnes raisons de vibrer sur les basses puissantes et lourdes de Squarepusher, pas de prétextes à trouver pour s'amuser et pour danser, on profitera du nouveau titre de Squarepusher, accompagné du remix par Mr. Oizo.
Ce sera balancé à la fin du mois par les français de Ed Banger Records , qui voient ça comme la bande son parfaite pour un remix du Zabriskie Point d'Antonioni. Ce qui sous-entend que Squarepusher a l'envergure d'un Pink Floyd, et que se prendre 17 plans d'une même explosion fait toujours autant de bien.
Facile, dansant, précis, efficace et explosif, forcément. On en redemande.

Et quand j'aurai le temps, je vous expliquerai pourquoi Phil Elverum est un sacré génie, et que même quand il publie ce qu'on peut appeler des "chutes", c'est génial.

dimanche 13 juin 2010

Marie-Antoinette.

Sofia Coppola n'en a que faire de l'Histoire avec sa "grande hache" (ou guillotine, en l'occurrence), elle s'en moque éperdument, elle la déforme et la néglige. Elle s'attarde sur les histoires. Ou l'histoire, sans majuscule. Au point de nous faire regretter la révolution française. Comment peut-on guillotiner une jeune femme qui veut simplement fuir l'ennui ? Marie-Antoinette, sous le dessin de la fille Coppola, devient bien plus qu'une peste, une capricieuse adolescente plongée dans le grand bain de la cour de France, avec ses rituels délirants et ses manies ridicules. L'Histoire prend des traits réels, et l'histoire la surpasse. La guerre d'Indépendance américaine ? On s'en moque. Ce qui importe, c'est de savoir si Marie-Antoinette trouvera les souliers qui lui siéront le mieux. Qu'elle court dans le jardin du petit Trianon en robe avec sa fille. Rien de plus.

Et c'est tout à fait paradoxal. D'un côté, les macarons et les fastes dîners de la Reine. De l'autre, un peuple qui crève de faim. Le cœur balance et finalement, choisit le côté de la Reine. Parce qu'elle est jolie, parce qu'elle est pleine de malice, qu'elle lit Rousseau et qu'elle aime l'opéra. Et si nous, peuple français, démocrates convaincus pour qui la Révolution Française est la plus belle des libérations, à qui la Troisième République a inculqué tant de belles valeurs et une foi inébranlable en la liberté et l'égalité - surtout l'égalité - on se fait avoir, c'est bien que Sofia Coppola sait s'y prendre. Et Aphex Twin est une des raisons.

Aphex Twin fabrique l'ambiance du film. Il fait le paradoxe : une fête baroque sur un titre presque breakcore. Des dorures partout, pour une musique profondément sombre et angoissée. Marie-Antoinette et sa choucroute face à des frappes de cymbales à toute vitesse. L'anachronisme est extrême, le rendu est une réussite : Marie-Antoinette était en avance sur son temps. Elle n'était pas à la bonne place. Tout son ennui, toutes ses angoisses s'expriment par la musique de Richard D. James. Elle monte les interminables marches de Versailles sur "Avril 14th". C'est d'une effroyable beauté. Les robes traînent sur les marches, se salissent. C'est le début de la fin, et l'expression du plus terrible des conflits.
Le tableau se noircit peu à peu. Les couleurs vives laissent peu à peu leur place à l'obscurité, à des tons pastels, puis à des images ternes. Versailles était un paradis, c'est devenu une prison. Et ce disque, derrière les sons abstraits, dessinent quelques mélodies sibyllines, presque baroques. C'est l'itinéraire d'une Marie-Antoinette : une grande confusion, un grand vide, qui peu à peu, s'emplit, avant de fuir et de faire ses adieux. Il n'en restera que des ruines.

Aphex Twin sort Drukqs en 2001, chez Warp, bien entendu. Et c'est comme la Marie-Antoinette de Coppola : noble, complexe, malicieux et terriblement touchant.

mardi 8 juin 2010

Caligula

J'avais découvert Speedy J avec Slag Boom Van Loon, son side project avec µ-Ziq notamment grâce au mirifique blog boardsofelectronica. J'ai voulu creuser un peu plus sur cet artiste étant donné la qualité de l'album de SBVL, et on peut dire que j'ai pris ma claque de l'année au bas mot.

Speedy J, aka Jochem Paap c'est le tout premier producteur de techno Hollandais ayant percé, bien avant que des blonds peroxydés fassent de la musique de club putassière ou du hardcore à qualité variable. Il a fait ses marques à la fin des années 80 auprès de la culture rave en plein essor: bien qu'en live il conserve cette approche, ses albums sont plus proches de l'IDM et de l'ambient avec une qualité assez hallucinante. La production est ultra travaillée et le son possède une profondeur rare, il est en effet une des personnes les plus influentes de la scène techno actuelle mais fait aussi partie des maîtres de l'electronica/IDM à côté d'Aphex ou d'Autechre par exemple.


Ginger (Plus 8/Warp, 1993)

L'album est tout d'abord sorti aux Etats-Unis sur le label Plus 8 (créé par Richie Hawtin, aka Plastikman) et au Royaume-Uni chez Warp afin de compléter la série Artificial Intelligence, sorte de manifeste d'une ""electronic listening music" to clarify that it was meant more for the mind than the body." Speedy J prend a contre pied la scène techno pure auquel il était habitué qui devenait d'ailleurs très populaire partout en Europe et aux States pour produire un album d'ambient plutôt dansant mais loin de ce qui se faisait à l'époque. Les sonorités sont très texturées et ont un côté old school, mais l'album est assez psychédélique au final: des nappes progressives vous enveloppes à l'image du grandiose "Flashback", on a preque l'impression d'écouter de la psy trance par moment ("Ginger" ou "Fill 15" par exemple) du fait de l'utilisation de sonorités redondantes à ce style . Pas le meilleur album de SJ, Ginger possède tout de même un certain charme très early 90's plutôt délicieux.

G-Spot (Plus 8/Warp, 1995)

Cet album est la logique continuité de Ginger, il exploite la même recette et toujours avec brio. Cependant, cet aspect mi psyché/mi dansant du précédent LP avec un côté old school (dont les mauvaises langues diront qu'il a mal vieillit) parait plus travaillées, plus mûrs. Les effets comme par exemple les reverbs sont plus profondes et vous retournent encore plus la colonne vertébrale (cf "The Oil Zone"), les beats paraissent plus construits et entraînant ("Extruma"). Quelques tracks sur l'album introduisent des ruptures avec de l'ambient contemplative et légèrement dark ("Fill 25" et "Lanzarote"). Mais ce qui étonne c'est cette impression de simplicité, tout semble s'enchainer de manière logique et homogène ce qui est bien souvent gage de qualité pour de l'IDM.

Public Energy No1 (Plus 8/NovaMute, 1997)

Avec les 2 précédents album, il semblerait que Jochem Paap a constamment repoussé la qualité et la profondeur de sa musique, force est de constater qu'avec cet album il a bel et bien atteint le paroxysme. Exit le côté dansant et psyché qui semble presque candide à côté, Public Energy No1 est un album sombre et puissant. Votre cœur battra à 1000 à l'heure à chaque évolution, cette musique est extrêmement prenante et jouissive malgré sa violence, qui reste cependant maîtrisée. L'effort explore les confins de l'inconscient et de la folie, ça suinte l'acide, c'est oppressant mais jamais désagréable. Mais ce qui impressionne, c'est surtout la maîtrise du son et de sa profondeur: il faut impérativement l'écouter sur des enceintes de qualité ou avec un casque digne de ce nom, vous passeriez à côté de quelque chose... Probablement un des meilleurs album d'IDM jamais créé et pis c'est tout.
(2e partie ici: http://rapidshare.com/files/39357986/BOEth179SJ-Pev1.part2.rar
source: boards of electronica)

A shocking Hobby (NovaMute, 2000)

Assez similaire au niveau sonorités que Public Energy No1, cet album est encore plus dark que ce dernier. Sorte de bad trip sous acide, c'est une musique dure et abrasive avec des passages de breakbeat colossaux, parfois des sonorités se bloquent, repartent de manière inattendue juste pour malmener votre cervelle déjà en bouillie. L'ensemble est assez froid et atmosphérique, et à l'instar de PENo1 la qualité et la profondeur sonore est proprement hallucinante. Une chose est sûre: c'est pas un album de tapette!


A noter aussi la sortie de 2 albums d'ambient "pure" sans aucun beats à la manière du génialissime "Selected Ambient Works II" d'Aphex Twin. Il l'a sorti sous son vrai nom Jochem Paap en 1999 sur le label d'ambient allemand Fax +49-69/450464 (oui oui, c'est le vrai nom du label) avec comme titre "Vrs-Mbnt-Pcs 9598 volume I" et "Vrs-Mbnt-Pcs 9598 volume II".
De l'ambient de qualité, très statique mais non sans intérêt.

vendredi 28 mai 2010

Teorema.

J'ai remarqué récemment en voyant le Porcile de Pier Paolo Pasolini, que dans presque chacun de ses films, l'italien filme l'Etna. Le volcan et son paysage aride et lunaire est le point central de Teorema, tout s'articule autour de ces scènes étranges. Je ne sais pas où ont été tournées les scènes dans le désert de Il Vangelo Secondo Matteo, mais le désert est un thème propre à Pasolini faut croire. Il aime filmer la fumée qui s'échappe d'un cratère, les pentes importantes que les personnages gravissent avec difficultés, et surtout le vent qui déplace la poussière.

Chez Pasolini, et surtout dans le grandiose Teorema, il n'y a pas de dialogues. Il n'y a pas d'actions. Juste des plans qui se succèdent et qui sous-entendent. La terrifiante Silvana Mangano (autrefois sirène provocante chez De Santis, dans Riso Amaro - quelle métamorphose !) et les autres membres de la famille découvrent leurs vies grâce à Terence Stamp et son étreinte. En plus de transgresser de nombreux interdits (eh, c'est Pasolini) comme l'homosexualité, Pasolini filme sa métaphysique. Terence Stamp, figure christique qui change la vie des bourgeois par l'acte sexuel. Et par extension, qui matérialise la foi, la transcendance. Et le titre fait de cela un théorème, quelque chose d'implacable et de mathématique.

Pourquoi tout ça pour parler du Amber de Autechre ? Parce que le film de Pasolini est avant tout un poème expérimental, quasiment sans dialogues, avec des plans qui s'immiscent et brisent le semblant de narration. On pourrait penser que le pauvre italien a fait n'importe quoi. Que son film n'est qu'une succession de provocations qui visent à emmerder le pape. Un espèce de délire aléatoire destiné aux intellos en mal de sensations fortes, du genre ceux qui vont voir Enter The Void et qui ne jurent que par Godard (c'est gratuit, je sais).
La musique d'Autechre est comme le désert narratif de Pasolini. Elle semble aride, incompréhensible, froide et mécanique. Voire totalement hasardeuse, parce qu'elle est électronique et qu'elle jaillit du hasard. Mais derrière tout ça, il y a un théorème qui marche à tous les coups. Mettre un casque + appuyer sur le bouton play = transcendance. Sans la dimension mystique, Autechre balance le Terence Stamp de la musique. Celui par qui la vie change, sans explications rationnelles, comme le voyage dans le désert de Jésus l'avait changé. Autechre offre la bande son aux errances de Théodore Monod. Juste un ensemble de sons, comme un ensemble de plans, construits à la milliseconde pour trouver la faille et recréer l'étreinte.

Autechre sort son chef-d'oeuvre Amber en 1994, vingt-six ans après le Teorema de Pasolini. C'est chez Warp, forcément, et ça ne demande pas à être compris, mais à être vécu. Ce qui pourrait être la morale du film.
(Là c'est plié, je suis démasqué, le disque n'est qu'un prétexte pour m'attarder sur Pasolini).

dimanche 23 mai 2010

Air Force One.

On pourrait facilement qualifier la musique "ambiante" de musique d'ascenseur. Quelque chose qui est là, que l'on entend, mais pas assez pour retrouver ce que c'est, pour chanter avec. Juste de la musique pour couvrir les respirations des gens dans la cabine qui monte et qui descend. Comme si les trajets étaient longs et qu'il fallait occuper les personnes avec une sorte de blind test infaisable. Dans le genre attente, l'aéroport c'est pas mal. Arriver des heures en avance pour enregistrer les bagages, attendre sur des chaises en métal qui font mal au dos, boire cafés sur cafés parce que de toute façon il n'y a que ça à faire, faire un tour dans l'aéroport pour voir qu'ils vendent que des magazines people peu intéressants. Et ainsi de suite pendant des heures. (Voire des jours quand il y a un nuage de cendre).

En enregistrant Music For Real Airports, Black Dog (qui est un reste de Plaid, en fait, d'où l'appellation Warp de ce message) prend le parti de faire la "musique des vrais aéroports". Deux interprétations possibles : Ken Downie veut rendre à l'ambient ses lettres de noblesse et enlever cette image de "musique d'ambiance un peu chiante mais agréable pour faire quelque chose en même temps" ou Ken Downie est fasciné par les aéroports et veut faire la bande son d'un voyage en avion.
Et il réussit les deux. Son disque est le cheminement vers l'avion. Il y a les appels des hôtesses, le stress qui monte, les sons incessants et artificiels des détecteurs de métaux, le bruit du décollage. Les quelques moments de répits dans cette quête se matérialisent par des nappes cotonneuse et confortable... Avant que l'angoisse remonte. Le rythme cardiaque s'accélère avec la cadence des pas vers l'avion. Il y a forcément quelques turbulences avant l'atterrissage. Ken Downie met des algorithmes sur le commun. Il mécanise et intellectualise un voyage en avion. Music for Real Airports est la bande originale de vos voyages pour cet été. Du terminal de l'aéroport au parking de la ville d'arrivée. Un voyage cérébral qui s'élève et atterrit on ne sait trop où, mais avec plaisir en tout cas.
Il y a toujours des appréhensions par rapport à l'avion. Ça fait diablement mal aux oreilles, par exemple. Ken Downie a trouvé la parade. Il meuble le temps d'attente et l'angoisse qui monte par rapport à ce mal futur, il l'agrémente d'une musique vraie et forte, une musique qui sonde l'âme comme un détecteur de métaux.

The Black Dog sort son Music for Real Airports chez Soma en cette année 2010. Et c'est autre chose que les voyages en train que Grand Corps Malade.

dimanche 2 mai 2010

Attractive oddity.

Slag Boom Van Loon - Slag Boom Van Loon (1998 - Planet Mu)

Slag Boom Van Loon c'est un side project de µ-ziq (aka Mike Paradinas) et Speedy-J (Jochem Paap) , un producteur Hollandais de techno que l'on retrouve aujourd'hui avec des sets plutôt hardcore qui remplissent "des stades", mais l'ami a fait ses marques chez Warp notamment avec de la techno/trance old school et de l'IDM/ambient de qualité, son 1er album "Ginger" a d'ailleurs figuré dans la série "Artificial Intelligence" du label.
SBVL n'a duré qu'un album + un album de remixes, mais la combinaison entre le glitch/IDM de Speedy J (son album "Public Energy No1" en est un formidable exemple, peut être le meilleur album d'IDM jamais conçu) et le côté très entraînant et accrocheur dans l'electronica de µ-ziq amènent une symbiose parfaite. Le genre est d'ailleurs surprenant provenant d'une telle alliance, on s'attendrait à quelque chose de plus rave et violent. C'est en revanche une musique assez profonde et mentale mais qui en ressort au final d'une manière assez légère car elle sonne juste, chaques sonorités nouvelles se superposant au fil des tracks s'imbriquent les unes aux autres de manière assez logique grâce à la finesse de la production.

Slag Boom Van Loon - So Soon (2001 - Planet Mu)

En 2001, Mike Paradinas invite ses potes à remixer l'album de son side project et il y a du beau monde : Boards of Canada, Tipper, Matmos, Four Tet... Les morceaux sont vraiment soignés, c'est pas du remix fait à l'arrache mais de véritables (re)créations en apportant la touche personnelle de chacun des artistes au fil des tracks originales. Mention spéciale au remix très glitchy de "Butch" par Tipper, au "Pedals" de Horse Opera plutôt glitch/IDM qui tend vers l'ambient et le "Sutjeda" de Four Tet qui ne déroge pas à son style reconnaissable entre 1000 avec une batterie acoustique samplée et des touches légères d'electronica. C'est quand même rare des remixs de cette qualité réunis sur un même album.
(source : boardsofelectronica.blogspot.com , allez y faire un tour si vous aimez le genre, ce site regorge de pépites parfois rares)

samedi 24 avril 2010

Kaléïdoscope mental.

Dans le valhalla de l'electronica innovante où l'on retrouve entre autres Aphex Twin, Autechre, µ-ziq et consort, le grand Luke Vibert y occupe une place de choix. C'est un des artistes les plus prolifiques et éclectique de la musique électronique aujourd'hui: une vingtaine d'albums sous différents pseudo (Wagon Christ, Amen Andrews, Plug, Kerrier District...) et une bonne quarantaine d'EP ou compilation, le tout mélangeant electronica, drill'n'bass, IDM, acid house, jazz, house, disco, glitch ou trip hop (et j'en oublie). Il n'a pas réellement de label fixe, mais on le retrouve aussi bien chez Planet Mu, Warp, Rephlex, Ninja Tune ou Mo'Wax, la crème de la crème donc. Je me vois mal vous faire la discographie complète, mais voici une petite sélection des meilleurs albums selon moi (et il y en a vraiment beaucoup).

Luke Vibert & Jeremy Simmonds - Weirs (1993 - Rephlex rec)

Cet album est une collaboration avec Jeremy Simmonds (aka Voafose), un artiste de Rephlex plutôt confidentiel ayant aussi collaboré avec Aphex. Les sonorités sont très indu/synthétiques, faites de vieux synthés analogiques (comme le mythique Roland TB 303 que connaissent bien les fans d'acid house). Beaucoup de loops hypnotiques, en suspend, des basslines cradingues qui vous fouettent ("Submarine"), le cerveau est mis rudement à l'épreuve.

NB: l'archive contient aussi le mini EP "A Polished Solid"



Wagon Christ - Throbbing Pouch (1995 - Rising High)


Ce qui m'a toujours bluffé chez Luke Vibert c'est la quantité incroyable de samples qu'il utilise dans la plupart de ses compositions: il nous fait part de son immense culture musicale et dans cet album on retrouve aussi bien des sonorités jazzy et funk des 70's, des BO de films (Ennio Morriccone est caché quelque part). L'ensemble est homogène grâce à la finesse de la production, en ressort un album de chill out ultime.




Plug - Drum'n'Bass for Papa (1996 - Blue Angel)

De la dnb qui plaira à ton père? Le pari est osé. Sous le pseudo Plug, il nous livre un album intelligent dans sa composition, en pleine période où se développe en Angleterre ce style avec les cendres de la jungle dans une débauche de BPM dans un but purement festif (et pas toujours de très bon goût). Ici on est plus proche d'un album de trip hop mais avec ces beats dnb taillés à la serpe omniprésents et aériens, rappelant un Squarepusher de la grande époque.



Luke Vibert - Big Soup (1997 - Mo'Wax)

Le titre de la galette signifierait selon Luke "une sorte de grosse soupe musicale avec tout ce qu'il aime dedans". Encore une fois le travail de sampling est colossal, ici c'est plutôt un album de trip hop /downtempo avec ses beats syncopés. Un album dans l'ensemble plutôt reposant et psychédélique où les références musicales sont nombreuses mais assez foutrarques (ce qui peut désorienter l'auditeur parfois).




Luke Vibert - Yoseph ( 2003 - Warp)

Luke Vibert fait partie des artistes qui ont largement contribué au retour de l'acid house dans les années 2000, dans le genre Yoseph fait figure de manifeste au son de l'hymne "I Love Acid". Mais ce n'est pas vraiment un disque revival pour les nostalgiques du genre, la modernité est de mise, assez proche d'une construction electronica décidément dansante.
C'est un album qui te fera bouger le bassin et pétiller les synapses.




Kerrier District - Kerrier District ( 2004 - Rephlex)

Encore un album de réminiscences musicales oubliées, ici la disco, le côté kitsch en moins. Luke reprend les poncifs du genre: basse bien ronde, mélodie au synthé et cordes funky. Mais il ajoute à cela un côté house plutôt entraînant: l'ensemble est assez coloré et étrangement moderne. C'est dansant et rafraichissant, et surtout de bien meilleure facture que ce que nous propose la hype actuelle en revival italo-disco à gerber.




Amen Andrews - Amen Andrews vs Spac Hand Luke (2006 - Rephlex)

L'effort est une sorte de compilation des 5 EP "volume" (1 à 5) sortis sous le pseudo Amen Andrews et un faux album featuring, puisque Spac Hand Luke est un autre de ses nombreux pseudos. Ici il nous concocte une drill'n'bass/jungle couillue aux BPM assez rapides. Les influences 80's/early 90's à base d'acid house et de jungle donnent aux titres un côté ultra accrocheur qui retourneront plus d'un dancefloor à coup sûr.





Luke Vibert - Chicago, Detroit, Redruth (2007 - Planet Mu)

2e album chez le label de Mike Paradinas, celui ci ressemble beaucoup à une synthèse du côté techno et acid house de L.Vibert. Le titre est une private joke, accolant Chicago capitale de l'acid house, Detroit de la techno (Underground Resistance en tête) et Redruth, ville de Cornouailles dont est originaire Luke. Comme beaucoup d'efforts du bougre, l'ensemble manque un peu d'homogénéité. Mais certaines perles sortent du lot, comme "Clililik" grosse tuerie electronica avec sa mélodie que l'on retient dés la 1ère écoute.

mardi 15 décembre 2009

Perles synthétiques.

Ça fait effectivement un petit moment que je n'ai pas posté sur B&M, on va essayer de rattraper ce retard avec une bonne grosse dose d'electronica. Mais pas n'importe laquelle: celle qui te fait rêver, triper, au casque avant de te coucher, le cerveau fait 3000 tours et c'est ça que l'on aime (avec un bon pétard c'est encore plus jubilatoire).

Wisp - The Shimmering Hour

Recrue récente de Rephlex, le label d'Aphex, on pourrait qualifier la musique de Wisp d'IDM. Mais c'est pas du Alva Noto qui fait mal au cerveau: tout n'est que finesse, les beats sont taillés à la serpe, les nappes assez old school sont remplis d'émotions, les synths sont à chialer. Oscillant entre de la drill'n'bass feutrée et l'aspect acid house rappelant les analords d'Aphex, The shimmering Hour est un excellent album à écouter au casque. La structure des tracks est étonnamment complexe et riche, tout comme celle de l'album qui regroupe 14 tracks toutes de 5 à 6 minutes. De l'electronica à fleur de peau.

Kelpe - Ex Aquarium

Ce que j'aime chez Kelpe (aka Kel Mckeown) c'est la richesse de ses compositions: c'est un album à la fois complexe mais facile d'accès. Le mélange de styles est assez homogène avec une batterie acoustique présente sur quasi toute les tracks mais pas trop lourde (comme elle peut l'être chez Four Tet par exemple), des beats electro-hiphopisants très entraînants, les samples sont biens travaillés... Outre les considérations techniques, cette electronica raconte une histoire, les tracks s'enchainent mais ne se ressemble pas, le mélange de style et d'influences est fort rafraichissant tout en gardant la patte de l'artiste très identifiable.

Jon Hopkins - Insides

Jon Hopkins est reconnu pour être un virtuose du piano, il a donc une formation classique qu'il met au profit d'une IDM mélancolique. L'alchimie entre la musique électronique et le piano est saisissante, un subtil mélange s'opère entre une musique tantôt oppressante très braindance avec des beats déstructurés, tantôt douce et délicate. En ressort un album très subtil oscillant entre rêve et cauchemar. Coldpay a même récupéré les droits d'une des tracks de l'album (Light Trough The Veins, qui n'est pas vraiment la meilleure de l'album à mon humble avis) pour tout bonnement la plagier sur Viva La Vida.

Lone - Lemurian

Véritable album d'electro-hiphop rêveur, Lone a du mal à cacher son influence principale (et non des moindres): Boards Of Canada. Mais le côté torturé de ce dernier s'efface au profit d'une musique plus lumineuse (pas pour rien les sunglasses de la gonzesse avec les palmiers). L'aspect breaké des beats est assez entêtant, on se surprend à secouer frénétiquement la tête (certaines tracks sont mêmes plutôt dansantes), mais les nappes stimulent l'imagination: un côté très estival et insouciant presque nostalgique se décante du martellement des basses. Mais la courte durée des tracks est assez frustrante, Lone a du mal a conclure ses chansons, on se contentera d'un simple fondu.

µ-Ziq - Duntisbourne Abbots Soulmate Devastation Technique

Certains "trips" ne sont pas forcément idylliques, c'est d'ailleurs les plus malsains qui sont souvent les plus intéressants. Le grand Mike Paradinas, aka µ-Ziq (boss de Planet Mu) nous livre ici un album d'electronica baroque, glauque, oppressante: chaque note paraît plus désenchantée mais sans violence apparente (mis à part sur "2CV" avec ses beats cradingue ou peut être "Woozy"). La principale violence de l'album reste l'artwork de la cover, un homme gisant, le crâne défoncé, le corps criblé de balles. Cet album n'est pas évident à appréhender du fait du côté malsain, vicié des mélodies, mais il ravira le dérangé mental qui se cache au fond de chacun.

lundi 21 septembre 2009

20 ans, 20 cadeaux 3/4.

Aujourd'hui, un post sur les sorties récentes chez Warp.

Gang Gang Dance - Saint Dymphna (2008)

Parler d'un album aussi barré n'est pas chose aisée. GGD, c'est un trio new-yorkais à mi chemin entre Krautrock tribale avec beaucoup de percu et des sonorités plus électroniques. Mais leur musique reste très accessible bien que très psyché. Les 2 premiers titres de cet opus sont pour moi une grosse claque de pop psyché: l'intro "Bebey" et "First Communion", une énorme montée qui explose sur un titre assez catchy. A noter aussi le "Vacuum", un quasi plagiat de My Bloody Valentine, très shoegaze, mais qui s'en plaindra?


Grizzly Bear - Veckatimest (2009)

Ce n'est peut être pas un groupe réellement nouveau chez Warp, mais les 4 boys de Brooklyn présagent beaucoup de bonnes choses ("le nouveau meilleur groupe du monde" selon les inrocks, rarement avare en superlatifs). Oui, il n'y a pas que de l'électronica compliquée chez le label de Sheffield, mais aussi de la belle folk-rock qui laisse rêveur. Leur musique, fort bien construite ne sonne comme aucun autre groupe, d'ailleurs la structure refrain/couplet a été abandonnée: rien n'est prévisible. La voix de Daniel Rossen est lumineuse et nous guide dans des ballades enjouées, psyché mais pas trop, pop mais jamais niais, la musique de Grizzly Bear charme et étonne. Et si les inrocks avait raison?

Clark - Totem Flares (2009)

Pour moi cet album est de loin la grosse claque electronica de l'année, point barre. Après l'album Body Riddle, beaucoup ont cru que Clark avait signé son chef d'oeuvre, mais que nenni. Dans le son Clarkien, cet album est en quelque sorte un hybride entre Body Riddle et l'opus sorti en 2008, Turning Dragon, très rave/IDM et taillé pour les dancefloors de l'extrême; autant dire que Clark a su rassembler le côté bourrin assez jouissif de TD et la beauté de BR. Le 1er titre "Outside Plume" met tout de suite dans le bain sous la forme d'une grosse montée bien cradingue sans partir dans le bourrin, s'enchainant sur une mélodie imparable. Le titre suivant Growls Garden (cf l'excellent EP sorti en début d'année en guise d'introduction à cet album) et son refrain qui donne envie de chanter nu dans les jardins publics est déjà un tube. Ensuite, "Rainbow Voodoo" c'est la track qui tabasse sec en écrabouillant ton cerveau à coups de beats quasi hardcore ponctuée d'une voix plutôt ridicule. Sans oublier "Totem Crackjerack" et sa mélodie-tuerie qui se bloque sur un beat ultra extrême comme si l'on se faisait faucher par un train à 320km/h pour ensuite enchaîner sur des synthés renversants. C'est donc un album pas forcément très accessible mais fortement addictif pour ceux qui apprécient ce genre de musique.

Leila - Blood, Looms and Blooms (2008)

Leila Arab (soeur de l'ex chanteuse d'Archive Roya Arab qui est d'ailleurs en featuring sur l'album) est loin d'être chez Warp par hasard: anciennement chez Rephlex, elle fut repérée par le grand Aphex et a aussi collaboré avec Björk pour ses synthés. Après 8 ans sans rien sortir, Leila nous concocte ce Blood Looms and Blooms, un bel album d'electronica/trip-hop. Experte des synthés, l'opus se révèle onirique et puissant bien que la structure des morceaux reste assez complexe mais jamais indigeste. L'univers de l'iranienne est élégant et personnel qui se révèle assez touchant au fil des tracks.

Bibio -Ambivalence Avenue (2009)


Bibio (aka Stephen James Wilkinson) c'est la musique cool par excellence. Son style est proche aussi bien des sonorités electronica/hip-hop de Boards Of Canada que de la folk de Devendra Banhart. Le rendu est assez proche de la musique des 60's, comme une sorte d'hommage à la folk hippie tout en restant electronica, mais c'est aussi funky par moment ("Jealous Roses") ou s'approchant du hip-hop vintage ("Fire Ant"). Un bon album de chill out joyeuse pour les audiophiles qui ne sont qu'amour.

mardi 1 septembre 2009

20 ans, 20 cadeaux 2/4

Voici la 2ème partie de l'odyssée warpienne!

Squarepusher - Ultravisitor (2004)

Ce que j'aime particulièrement chez Squarepusher (aka Tom Jenkinson) c'est le côté à la fois drill'n'bass foutrarque et la couleur très jazzy de sa musique (c'est un excellent bassiste et le fils d'un batteur de jazz).
Dans Ultravisitor, le meilleur de Squarepusher est réuni: des ballades jazzy à tomber par terre comme "Iambic 9 Poetry" mais aussi de la violence pour tes synapses à la sauce breakcore comme "Steinbolt" (une sorte de messe noire drill'n'bass destructurée, jouissif). Mais pour moi, la pièce maîtresse de cet album se trouve à la 13eme piste: Tetra Sync, une belle montée électro-jazzy avec un solo de basse imparable pour achever le tout. D'après moi le meilleur album de Squarepusher (avec Big Loada et Feed Me Weird Things), à des années lumières de l'énervant "Just a Souvenir" sorti récemment.

Clark - Body Riddle (2006)

Clark (Chris Clark sur ses premiers records) est considéré comme la relève de Warp des années 2000.
On reproche souvent à la musique électronique d'être froide, déshumanisée, automatique. Mais Body Riddle n'est pas un album comme les autres, il y a quelques chose de magique qui en ressort. Une sorte de symbiose entre une musique organique et mécanique, le son a une profondeur particulièrement déroutante (à écouter avec un casque de qualité pour vraiment en profiter pleinement). Je trouve cet album rempli d'émotions indicibles, enfouis au plus profond de nous même; la puissance communicative de Clark impressionne. Attention, musique addictive.

Le mot de passe est : sharedmp3.net

Plaid - Not for Threes (1997)

Ce n'est pas vraiment l'album le plus connu du duo Plaid (2 ex-membres de l'excellent trio electronica The Black Dog, on en reparlera bientôt ), mais je le trouve bien plus riche que "Greedy Baby" ou "Spokes".
Cet album a une couleur très electronica psyché avec l'univers onirique que l'on retrouve chez Leila. Cette dernière qui apparaît d'ailleurs en guest, tout comme Björk. Certaines tracks sont assez fun, comme "Myopa", une rencontre entre les streets-drums caribéennes et l'electronica. La chanson qui suit, "Lat" est pour moi la grosse tuerie de l'album: entraînante et mentale, bercée par une délicieuse voix féminine. On peut aussi découvrir une certaine légereté presque enfantine aux beats breakés dans le titre "Fer" par exemple . C'est donc un album complexe et assez hétérogène (comme souvent chez Plaid).

Battles - Mirrored (2007)

Battles c'est une sorte de supergroupe de math-rock comme seul Warp peut en pondre avec l'ex batteur d'Helmet et Tomahawk (dont la maîtrise technique est proprement hallucinante en live), un des guitaristes de Don Caballero, et à la tête du projet Tyondai Braxton, bidouilleur ayant bossé chez Prefuse 73 et fils du jazzman Anthony Braxton. Je ne suis pas très friand de math rock à vrai dire: c'est souvent chiant, on ne sait pas trop où on va tellement la structure des chansons est complexe et ça tourne souvent à une démonstration de technique donnant la nausée. Ici, oubliez tout les clichés du genre: c'est très "catchy" à l'image du tube "Atlas", ça paraît simple alors que c'est terriblement technique. Un album "habité" et terriblement jouissif.

!!! - Louden Up Now (2004)

!!! ( à prononcer tchik tchik tchik) c'est à la fois le punk/cold wave et le funk 80's new-yorkais (écoutez les compils "New-York Noise" de Soul Jazz Records), réuni dans un seul groupe de 8 allumés qui ont décidés de vous faire danser sans fin. C'est groovy, rageur, un peu psyché sur les bords ("Dear Can" semble être un hommage au groupe de krautock) mais c'est surtout et terriblement efficace. Ca sonne comme une sorte de mix entre le meilleur de Gang of Four et de Talking Heads sans que ça fasse trop "recyclage de références musicales". Rien que pour l'énorme "Hello? Is this thing on?", cet album est indispensable.

mardi 25 août 2009

20 ans, 20 cadeaux. 1/4



C'est les 20 ans de Warp et en fan absolu de ce label je me devais de faire un post là-dessus. Ouais on va en faire 4, ça sera plus simple... Voici une sélection des 20 albums qui à mes yeux sont essentiels, m'ont marqué, valent le coups d'oreille, etc. Et on va faire ça par groupe de 5 albums pour que ton ptit coeur ait le temps de s'en remettre.


LFO - LFO (1990)

A la base, le projet de LFO (low frequency oscilator) composé de Mark Bell et Gez Varley fut fondé par hasard. Ils ont composé une track (éponyme, comme l'album sorti par la suite) pour Nightmare On Wax qui a cartonné en club. Toutes les bases de la culture rave du début des 90's part plus ou moins de cette track, à gros coup d'infrabasses.
L'album nous propose une electronica très old school faites à base de synthés acid house et de cubase sur l'ordi de quand ton père il était jeune. Presque 20 ans après, leur son reste assez actuel et épuré.
(clic sur image pour download)


Autechre - Incunabula (1993)

La musique d'Autechre est vraiment particulière. Sorte de braindance de l'espace, schizophrène: des nappes parfois glauques, entraînantes, paisibles et des basses/synths complètement destructurés qui te retourne le crâne. Incunabula c'est un peu, pour un fan de Warp, le "Homework" du fan des Dafts, le commencement, le mythe. Tout est en suspend, leur musique est "chirurgicale", les samples utilisés étants souvent ultra courts. Ca surprend, ça fascine.




Aphex Twin - Richard D.James Album (1996)

Peut être l'album le plus personnel du maître, il exploite (du moins pour le titre) le décès de son frère mort né, où ses parents ont donné à Aphex le même nom. Il tente de recréer des ambiances quasi enfantines, mélodies naïves mais torturées tantôt par de l'IDM couillu (IDM=inteligence dance music, ou braindance) de la grosse drill'n'bass ou des nappes mélancoliques. Il en ressort un album plutôt electronica par rapport à ce qu'il a pu faire auparavant (ouais, il faut savoir qu'Aphex a composé quasiment tout ce que tu peux écouter comme genre électronique "expérimental": electronica, IDM, ambient, techno rave, breakcore/dnb,...). On retient surtout ses titres imparables comme "fingerbib", "4" ou des tracks assez weirds comme "milkman" ou "logon rock witch". Au passage, l'artwork rappelant les clips de Chris Cuningham comme Windowlicker, Come to Daddy ou Rubber Johnny défonce. Ouais ouais.


Boards Of Canada - Music Has The Right To The Children (1998)

C'est souvent difficile de parler des albums qui vous obsèdent dans le plus profond de vous même: celui ci en fait partie. Cet album est à la fois génialement beau mais aussi torturé. Les rythmes breakés presque hip hop, saccadés au maximum se callent parfaitement sur les nappes mélodieuses typique de BoC auxquels s'ajoutent des samples, des voix enfantines par exemple. L'ensemble semble irréel, le temps s'arrête et tu te laisses porter, comme hypnotisé par cet univers psychédélique.




Nightmares On wax - In a Space Outta Sound (2006)

L'album de chill out absolu, In a Space Outta sound n'est peut être pas celui qui a le plus marqué les mœurs, il reste néanmoins un des plus cool.
Les mélodies sont simples mais imparables, ça swingue et ça beat dans tout les sens et les voix sont chouettement belles. Du trip-hop bien posé sans faire musique d'ascenseur, ça fait du bien parfois, surtout après une grosse dose d'expérimental warpien.